Les deux experts, qui enseignent à l'Université de Sherbrooke, sont les organisateurs du colloque qui s'ouvre dans la capitale, mardi matin, organisé pour le centre de recherche universitaire CIRANO. «Le Québec en récession : les enjeux de finances publiques» ne doit pas se limiter à des constats, soutiennent-ils. En entrevue téléphonique, Luc Godbout avance que «le danger est de se contenter de regarder vers 2013», l'année où Québec doit renouer avec l'équilibre budgétaire, selon le gouvernement Charest.
La sortie de «récession doit être l'occasion de faire le point sur les revenus [de l'État] et les services [qu'il offre] pour les 10 prochaines années. Quels gestes doit-on poser maintenant pour 2019?»
Joint à Montréal, Marcelin Joanis signale que «le gouvernement a prévu un retour à l'équilibre budgétaire. Mais il n'a pas identifié les moyens. [...] C'est ce que nous essaierons de réaliser avec le colloque». Pour l'économiste, il faut cependant viser le déficit zéro tout en «revenant à la stratégie de réduction de la dette».
Les deux hommes, codirecteurs du recueil Le Québec économique 2009, ne cachent pas que l'atteinte des objectifs ne peut se faire sans effort. «Ça ne se fera pas tout seul», commente M. Godbout. «Il n'y a rien de magique avec l'équilibre budgétaire» qui se joue avec la diminution des dépenses de l'État, sous forme de services, ou encore la hausse des revenus qu'il tire des citoyens.
Des économies
Son collègue Marcelin Joanis complète que derrière ces deux facteurs, «il y a la taille de l'État». Se décrivant comme «un pragmatique», il fait valoir qu'il y a des économies à faire. «Je pense qu'on peut améliorer la productivité de la fonction publique» sans pour cela rêver «à des économies substantielles».
L'endettement de la province ne fait pas les manchettes politiques. L'Action démocratique du Québec, qui en avait fait son cheval de bataille, en parle, en ces temps fort agités pour elle. Le Parti québécois n'a pas abordé le sujet durant son congrès, en fin de semaine.
Le Parti libéral du Québec, après avoir suspendu l'application de la loi antidéficit, met l'accent sur la reprise de l'économie.
MM. Joanis et Godbout refusent cependant de dire que la dette est politiquement orpheline. «Je n'irais pas jusqu'à dire ça, estime Marcelin Joanis. Il y a des gens au PLQ et au PQ qui s'en préoccupent», dont Nicolas Marceau, le péquiste récemment élu dans la circonscription de Rousseau.
«Tôt ou tard», répond Luc Godbout, les politiciens «devront prendre le problème à bras-le-corps. Il y aura des élections et le prochain gouvernement aura à faire face aux défis importants» que sont les finances publiques et le vieillissement de la population, laisse-t-il entendre.









