Nous avons des programmes extraordinaires, mais mal tarifés, comme les garderies au prix universellement gelé à 7 $ par place, dit M. Lacroix. Il n'est pas question d'y toucher, répond le politicien, en laissant entendre que seuls les tarifs d'électricité semblent visés par une possible hausse.
Cet échange de points de vue divergents s'est produit à l'occasion du colloque sur le Québec en récession, tenu hier, à Québec. Des chercheurs universitaires ont brossé un portrait plutôt noir des finances publiques avant que le ministre Bachand ne vienne conclure que le Québec s'en tire mieux qu'ailleurs et que son gouvernement «a posé les bons gestes» pour une reprise.
Devant un auditoire composé majoritairement d'économistes, l'ex-recteur de l'Université de Montréal Robert Lacroix a été
le plus alarmiste. «Nous dépensons plus [que les autres provinces] et nous n'en avons pas les moyens», a-t-il martelé en citant des statistiques sur les investissements publics et sur la fiscalité.
«Nous dépensons sur des programmes qu'eux n'ont pas», a-t-il repris. Comment a-t-on pu le faire? a demandé l'universitaire avant de répondre aussitôt «qu'on s'est endetté. On a refilé la facture aux générations suivantes.» À ses yeux, il faut changer la formule des tarifs uniformes pour tous en matière d'assurance médicaments, d'études postsecondaires et de services de garde, sans égard au revenu.
Les CPE en exemple
Le fiscaliste Luc Godbout, de l'Université de Sherbrooke, a soutenu que la création des centres de la petite enfance (CPE) est cependant un exemple où se concilient développement social et croissance économique. Elle s'est traduite par une augmentation importante de la participation des femmes au marché du travail et par le recul de la pauvreté, a-t-il souligné.
Ce programme ne représente qu'une préoccupation marginale par rapport à d'autres défis. Un des plus inquiétants porte sur le vieillissement de la population, ont soulevé des conférenciers. Le ratio «travailleur actif/retraité» commencera à baisser sérieusement dans trois ans quand les cohortes de baby-boomers seront de plus en plus nombreuses à quitter le boulot.
Le retour à l'équilibre budgétaire dans quatre ans est jugé incontournable. La dette du Québec est déjà plus lourde qu'ailleurs et ne pas respecter ce plan entraînerait à coup sûr une baisse de la cote de la province.
Dans son allocution, le ministre des Finances a fait valoir «que la phase aigüe de la crise est passée». Au moment où il lance sa consultation budgétaire, Raymond Bachand a reconnu qu'il lui reste à déterminer les mesures pour économiser 5 milliards $. Les budgets semblent à l'abri de toute compression, mais le réseau devra rehausser sa productivité.
Devant les journalistes, M. Bachand a nié que nous vivons au-dessus de nos moyens. Il a repoussé la suggestion d'augmenter les tarifs dans les garderies. Quant aux frais de scolarité, pas question non plus de déroger au relèvement progressif déjà annoncé. M. Bachand a continué de préparer les esprits à des hausses substantielles des tarifs d'électricité.












