Le vote s'est tenu jeudi après-midi, à Montréal.
Le porte-parole intersyndical Rudy Le Cours avait déclaré la semaine dernière avoir eu l'impression de négocier «avec un couteau sous la gorge», compte tenu de la menace des dirigeants de La Presse de fermer les portes du quotidien le 1er décembre s'ils n'arrivaient pas à s'entendre avec tous les syndiqués.
Le syndicat des journalistes a dû accepter un gel des salaires jusqu'en 2012 et une intégration complète des activités du quotidien à celle du site Cyberpresse pour finaliser cette entente, selon des informations obtenues par La Presse Canadienne.
Le syndicat avait aussi fait état, la semaine dernière, d'une autre concession d'envergure, à savoir la répartition de la semaine de travail sur cinq jours plutôt que quatre.
En ce qui concerne les salaires, un journaliste de La Presse ayant atteint le sommet de l'échelle salariale verra sa rémunération passer à un peu plus de 90 000 $ par année pour 35 heures de travail le 1er janvier 2012, puis à un peu moins de 95 000 $ un an plus tard.
D'autres employés qui travaillent 40 heures par semaine, comme les éditorialistes ou les chroniqueurs, jouiront d'un salaire encore plus élevé.
L'entente de principe formalise aussi le regroupement des activités de La Presse et de Cyberpresse. On peut y lire que «les employés réguliers à l'emploi de Cyberpresse dans la fonction journaliste au pupitre (...) sont mutés (...) dans un poste de journaliste au pupitre au service de la rédaction deLa Presse». Les employés temporaires du site Web deviennent quant à eux des employés surnuméraires de La Presse.
Au nombre des autres changements apportés à l'entente précédente, mentionnons que les syndiqués continueront à accumuler de l'ancienneté pendant leurs congés familiaux ou syndicaux et qu'ils ont droit à 10 jours de congé sans solde par année à compter du 1er janvier.
L'entente recadre aussi les conditions de travail des employés qui seront appelés à se rendre en zone dangereuse, comme en cas de conflit ou de catastrophe naturelle, ainsi que celles des correspondants en poste à l'étranger.
Des changements ont enfin été apportés aux vacances ainsi qu'aux régimes de retraite et d'assurances collectives.
Distribution
Par ailleurs, la direction de La Presse a annoncé tôt jeudi matin la conclusion d'une entente avec le dernier syndicat avec qui elle négociait toujours, celui des employés de la distribution, ce qui devrait maintenant garantir la survie du journal.
Le quotidien montréalais s'est maintenant entendu avec la totalité de ses syndicats, qu'ils soient affiliés avec la CSN ou la FTQ. Toutes les nouvelles conventions sont d'une durée de cinq ans, et celles intervenues le 28 octobre avec les syndicats affiliés à la FTQ ont déjà été ratifiées.
«On croit beaucoup au projet rédactionnel de La Presse et de Cyberpresse, a dit la vice-présidente aux communications du quotidien, Caroline Jamet. Une fois entérinées, ces ententes vont permettre à ces médias de continuer à jouer un rôle essentiel dans l'avenir.»
La direction de La Presse ajoute que les prochaines heures seront consacrées à finaliser les textes des conventions collectives de la distribution. Le président et éditeur du quotidien, Guy Crevier, estime qu'en concluant des ententes de principe avec l'ensemble de ses syndicats, le journal vient de franchir une étape déterminante pour son avenir.











