«Nos relations de travail sont en crise, les conventions collectives ne sont pas respectées», a-t-il déclaré jeudi en conférence de presse.
Il y a eu 42 griefs déposés en 15 mois, depuis la signature de la convention collective. C'est plus que pendant les 40 années d'existence du journal avant le lock-out, dit-il, citant trois exemples tirés du texte des conventions :
> L'accord prévoit un nombre minimal de 52 employés réguliers et à temps partiel à la rédaction, il n'y en a toujours que 43.
> L'actualité qui se déroule dans un rayon de 30 kilomètres autour des bureaux du Journal doit être «traitée par les salariés de la rédaction...», que ce soit sur le Web ou dans l'édition papier. La direction utilise pourtant textes et images provenant des entités de Quebecor, comme l'Hebdo de Lévis, LCN, le Canal Argent, 24 heures, ou TVA, affirme M. Bolduc.
> Seuls les salariés du Journal de Québec peuvent alimenter le site Web et en assurer la mise en ligne. «Depuis quelques semaines des gens de Canoë ont commencé à mettre en ligne des photos et des articles, pendant la nuit. Et maintenant, c'est quotidien.»
Perception
«Le syndicat a une perception, nous, on en a une autre», répond Daniel Houde, éditeur et chef de la direction du Journal de Québec. «Ça devra être tranché par un arbitre. Le plancher d'emploi n'est pas respecté à 100 %, je ne sais pas où on en est, mais on est en processus d'embauche.»
Il soutient que pour le site Web, tout ce qui vient du territoire de Québec est mis en ligne par le Journal, mais que Canoë peut aussi contribuer au contenu provenant de l'extérieur.
Quant au nombre élevé de griefs, il rappelle que le Journal se relève d'un long conflit. «On a de nouveaux textes, une nouvelle façon de faire et des interprétations différentes.» Plusieurs griefs portent par ailleurs sur le même sujet, souligne-t-il.
«On est déçus [de la sortie publique]. Je ne pensais pas qu'on en soit rendus là, mais je vois qu'on n'a pas la même perception.»
Quant à lui, Denis Bolduc déplore devoir se tourner vers le système juridique pour interpréter des clauses qui sont, à son avis, limpides.
«On n'a pas besoin d'un juge pour nous dire que 43 employés, c'est moins que 52, et on n'a pas besoin d'un GPS pour savoir que le pont de Québec et l'hôtel de ville sont à moins de 30 kilomètres de nos bureaux...»
«On peut vivre avec les trois conventions qu'on a signées, conclut-il, mais Quebecor s'essuie les pieds avec le contrat qu'on a signé au bout de 16 mois sur le trottoir. On a le droit de lever la main pour dire à la population: il y a quelqu'un qui renie sa signature.»










