Ces données ont été publiées mercredi par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL). Le taux d'inoccupation de la capitale - qui se maintient depuis l'an dernier - est nettement en dessous de la moyenne québécoise, qui est passée de 2,2 % à 2,4 %.
La SCHL note d'ailleurs que le marché est serré dans tous les coins de la région, mais que la rareté des logements se fait particulièrement sentir à Val-Bélair, à Saint-Émile, à Loretteville, dans les secteurs des Rivières ainsi qu'à Charny, à Saint-Romuald et à Saint-Jean-Chrysostome.
La SCHL remarque que la demande d'appartements est forte (la solidité de l'emploi stimule l'immigration de travailleurs), mais que l'offre n'a que peu augmenté au cours des dernières années.
La rareté des logements a évidemment une conséquence sur les loyers. Le prix exigé pour un quatre et demi a grimpé de 3,5 % à Québec entre octobre 2008 et 2009, à 676 $. Cette hausse est plus prononcée que lors de la dernière enquête de ce genre (2 %), de même qu'en comparaison avec les autres villes de la province (2,8 %).
Les loyers à Québec continuent par contre d'être abordables puisque les résidants dépensent moins de 30 % de leur revenu pour se loger.
La situation devrait légèrement s'améliorer en 2010 selon la SCHL, tout en demeurant sous la barre des 1 %.
Les taux hypothécaires favorables et la bonne tenue du marché de l'emploi devraient mener plus de ménages à acheter une maison, libérant ainsi des logements. Le nombre de mises en chantier d'appartements a de plus doublé cette année (924), ce qui augmentera l'offre pour les locataires.
Dix ans de pénurie
Le FRAPRU, le Front d'action populaire en réaménagement urbain, a dénoncé une 10e année de pénurie pour la province, mentionnant le taux d'inoccupation critique de Québec, «cinq fois moins que la normale». L'organisme s'est particulièrement inquiété de la situation des familles, qui sont «les principales victimes» de cette crise.
De son côté, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, la CORPIQ, déplore que les loyers au Québec soient les plus abordables au pays, alors que les coûts d'entretien sont les mêmes qu'ailleurs au Canada. «Il ne faut donc pas s'étonner de la dégradation du parc de logements québécois et du manque d'intérêt à en construire de nouveaux pour répondre à la demande.»
Abondant dans le même sens que la CORPIQ, l'Association des propriétaires du Québec a même suggéré de retirer le contrôle des loyers pour revenir à la «libre concurrence».










