Cette rencontre a identifié de nombreux objectifs à poursuivre, comme celui de faire (ou de refaire) de l'éducation «la toute première priorité» du Québec. Mais elle n'a accouché d'aucune mesure concrète.
Bien des participants s'entendaient d'ailleurs pour dire que les objectifs étaient énoncés en termes si généraux que personne ne pouvait vraiment s'y opposer. Pas à ce stade-ci, en tout cas.
Les moyens précis pour les atteindre restent à élaborer. Ils le seront par des comités ministériels ad hoc, a annoncé le premier ministre à la clôture de l'activité, qui s'est tenue au Centre de congrès et d'expositions de Lévis. C'est là, dans le «comment», que des divergences pourraient réapparaître entre les syndicats et le monde des affaires, a convenu Françoise Bertrand, de la Fédération des chambres de commerce du Québec.
Pour l'heure, le chef du gouvernement est sorti de la rencontre en se félicitant du large et «utile» appui qu'il a obtenu. «L'expérience nous apprend que si on prend la peine et le temps de faire un exercice comme celui-là, on augmente substantiellement les chances de succès dans la mise en oeuvre de nos politiques», a fait valoir M. Charest.
88 objectifs
Parmi les objectifs plutôt généraux auxquels tous ont souscrit, notons l'instauration d'«une économie fondée sur la créativité et l'innovation», la nécessité de prendre «le virage de l'économie verte» et la création «de la richesse pour contrôler la dette».
De façon plus précise, les participants se sont aussi entendus pour dire qu'il fallait «investir massivement dans les technologies propres et viser particulièrement le domaine du transport», «améliorer l'adéquation entre l'enseignement et les besoins des entreprises» et «mettre en place des incitatifs pour encourager les personnes plus âgées à demeurer sur le marché du travail».
Sur les 88 objectifs identifiés, seulement deux n'ont pas vraiment fait l'unanimité. Notamment celui prônant l'instauration d'«un mécanisme par lequel les dépenses publiques additionnelles devraient être compensées par des économies dans les programmes existants».
Les ministres Raymond Bachand, Sam Hamad, Clément Gignac, Michèle Courchesne et Nathalie Normandeau formeront des comités de travail pour améliorer l'«adéquation» entre l'éducation et les besoins en main-d'oeuvre; pour élaborer une nouvelle stratégie de recherche et d'innovation; mieux soutenir l'entrepreneuriat; créer un environnement permettant à plus de Québécois d'avoir envie de repousser leur retraite; donner vie à «la nouvelle économie verte» et soutenir plus efficacement Montréal.
Jean Charest «a choisi la fuite en avant», a dénoncé la chef péquiste, Pauline Marois, qui était absente en après-midi. «Il s'est déresponsabilisé en préférant parler du Québec de 2030 plutôt que celui de 2010.» Elle déplore que cette rencontre ait occulté l'état des finances publiques.
«Lorsqu'on parle d'avenir, ça passe impérativement par un nettoyage dans les dépenses de l'administration publique», a lancé le chef adéquiste, Gérard Deltell.
Cette question fait partie de notre quotidien, a rétorqué Jean Charest. Il en veut pour preuve l'objectif auquel travaille le Conseil du trésor de limiter à 3,2 % la croissance des dépenses de l'État, alors qu'elle est de 4,6 % en moyenne.














