Compagnies d'assurances: la chasse à la relève se poursuit

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Yvon Charest, président et chef de la direction... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Yvon Charest, président et chef de la direction de l'Industrielle Alliance, prononçait une conférence devant des étudiants de la faculté des sciences de l'administration à l'occasion de la Semaine de l'assurance et de la gestion des risques qui débutait hier à l'Université Laval.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Dans l'industrie des assurances et des services financiers, l'offre ne répond toujours pas à la demande. Les employeurs éprouvent encore mille et une misères à trouver le personnel nécessaire pour pourvoir tous les postes disponibles.

«Des compagnies d'assurances n'arrivent même pas à trouver des candidats pour les stages qu'elles offrent à nos étudiants», raconte Johanne Giguère, coordonnatrice du programme d'études Conseil en assurances et services financiers du Cégep de Sainte-Foy.

Professeur titulaire au Département finance et assurance de la faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, Gilles Bernier signale que des offres d'emplois pour des postes de spécialistes des systèmes d'information organisationnelle restent sur le carreau faute de candidat.

«À chaque année, j'organise une séance de speed dating pour permettre aux étudiants de choisir leur lieu de stage. Et,

à chaque année, j'ai plus d'employeurs que d'étudiants!» témoigne Linda Higgins, coordonnatrice du programme Conseil en assurances et services financiers du Cégep de Lévis-Lauzon. «C'est bien simple, les employeurs se précipitent sur mes étudiants. Je dois les retenir.»

Pourtant, le problème ne repose pas sur une baisse des inscriptions. À l'Université Laval, par exemple, le nombre d'étudiants dans les cours d'assurances au premier cycle a fait un bond de 17 % cette année.

«Il n'y a tout simplement pas suffisamment de finissants pour répondre aux besoins de l'industrie», affirment les trois représentants des maisons d'enseignement.

Les bouleversements économiques des derniers mois n'ont pas freiné l'appétit des compagnies d'assurances.

«La crise financière ne nous a pas fait mal», a expliqué, hier, le président et chef de la direction de l'Industrielle Alliance, Yvon Charest. Ce dernier prononçait une conférence devant des étudiants de la Faculté des sciences de l'administration à l'occasion de la semaine de l'assurance et de la gestion des risques qui débutait hier à l'Université Laval.

Objectif : 3000 recrues

L'objectif de recruter 3000 nouveaux candidats - dont la moitié devra être parfaitement bilingues - d'ici 2013 n'a pas bougé d'un iota pour les 11 compagnies qui ont leur siège social à Québec et à Lévis et qui travaillent la main dans la main au sein du Centre de développement en assurances et services financiers.

Dans son allocution intitulée Québec, la ville par excellence des assurances, Yvon Charest a martelé que les opérations d'embauche continuaient de rouler à plein régime.

«Au cours des trois dernières années, nous avons assisté à une croissance annuelle de 9,5 % des emplois dans notre industrie. Et si nous nous reportons à l'an 2000, l'augmentation de nos effectifs a été de 63 % dans la région», a signalé M. Charest.

Aujourd'hui, 15 000 personnes travaillent pour l'une ou l'autre des 11 compagnies, dont pas moins de 9100 à Québec ou à Lévis.

Le patron de l'Industrielle Alliance a tenu à préciser que le monde des assurances était à la recherche de nouveaux travailleurs provenant de divers domaines : informatique, comptabilité, marketing, finances, ressources humaines, etc.

Selon M. Charest, l'anglais devient de plus en plus une priorité d'embauche compte tenu que la croissance des compagnies passe par la conquête de nouveaux marchés à l'extérieur du Québec. «À l'Industrielle Alliance, par exemple, 57 % de nos opérations se font à l'extérieur du Québec.»

Les 11 sièges sociaux ne sont pas les seuls dans la course. Les autres compagnies d'assurances (AXA, Bélair, Sun Life, ING et autres), les banques, les cabinets de courtage et les ministères et organismes gouvernementaux s'arrachent également les finissants.

 

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