Jeudi, la coalition d'experts, venant de 28 pays, a adressé une lettre au premier ministre qui conduira, dans quelques jours, une mission économique en Inde, «le client principal de l'industrie québécoise» de l'amiante, soutiennent les signataires.
Dans leur missive, ils mettent de l'avant que «le Québec est confronté à une épidémie de maladies provoquées par l'amiante». Récemment, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a indiqué que l'exposition à ce minerai est à l'origine de 60 % des 104 décès de travailleurs, actifs ou à la retraite, qu'elle a indemnisés au Québec.
Dans leur sortie, les spécialistes, surtout des médecins, écrivent qu'il y a plus de morts que ceux décomptés par la CSST. Leurs statistiques estiment à 612 le nombre de «nouveaux cas associés à l'amiante», au Québec, en 2004.
Selon leur relevé, il y a eu 211 cas d'amiantose et 134 liés à un mésothéliome, une pathologie s'attaquant à l'enveloppe du poumon et baptisée dans les milieux médicaux le «cancer de l'amiante».
«Pour chaque cas de mésothéliome, il faut compter que l'amiante cause deux à trois cas de cancer du poumon», soutiennent-ils, pour arriver au total de 612.
La missive avance qu'il existe «une preuve scientifique incontestée qui démontre que toutes les formes d'amiante s'avèrent dangereuses». Elle précise que «l'amiante n'utilise pratiquement pas l'amiante, malgré les importants projets d'infrastructures en cours».
Ce qui est extrait des mines québécoises est «exporté aux pays en développement», mentionnent les signataires, en suggérant que le Québec «ternit sa réputation internationale. [...] Nous vous demandons d'arrêter l'exportation d'amiante et de mettre fin au soutien financier de l'Institut du chrysotile», l'organisme qui fait la promotion de ce type d'amiante provenant des mines du Québec.
Joint en Suisse, où il accompagne le premier ministre à la réunion économique annuelle de Davos, l'attaché de presse de M. Charest a indiqué que la lettre recevra une fin de non-recevoir.
«Notre position est la même, a répondu Hugo D'Amours. Nous sommes favorables à l'utilisation sécuritaire de l'amiante.» Le minerai «peut être dangereux, mais comme cela peut l'être pour le chlore. Les deux peuvent être manipulés de façon sécuritaire.»
Le porte-parole a du même souffle pris la défense de l'Institut du chrysotile «qui prône l'utilisation sécuritaire» de ce minerai.
Mission
Hugo D'Amours a indiqué qu'il ne sera pas question d'amiante, lors de la mission en Inde. Les produits miniers «ne font pas partie des secteurs ciblés».
L'attaché de presse a signalé que les signataires de la missive «ne sont pas tous des médecins et des scientifiques».
Certains noms sont cependant connus dans le monde de la santé, entre autres Fernand Turcotte, professeur émérite en santé publique de la faculté de médecine de l'Université Laval.
La lettre est accessible ici.












