Même LA bonne surprise de la semaine, la plus forte montée en six ans du produit intérieur brut (PIB) américain, n'a pas suffi à sortir les indices boursiers de leur morosité.
Dans ce résultat, André D'Amours de la Financière Banque Nationale observe particulièrement que les entreprises ont commencé à rebâtir leurs inventaires. De là à dire qu'elles devront bientôt commencer à embaucher, «on n'est peut-être pas loin», dit-il.
Raison de plus pour surveiller de près, comme ses deux collègues, les chiffres de l'emploi de part et d'autre de la frontière, vendredi prochain.
D'ici là, selon Carl Bouchard de RBC Dominion Valeurs mobilières, nous aurons possiblement vécu une semaine plus calme en matière d'abondance d'informations. Au cours des derniers jours, à son avis, les marchés ont semblé avoir de la difficulté à digérer une avalanche de données, dans un spectre très étendu.
La troisième hausse mensuelle consécutive pour le PIB canadien serait aussi de nature à «refroidir les ardeurs baissières», selon Steve Buisson de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, qui voit une fenêtre favorable à la chasse aux aubaines.
La dernière semaine, rappelle-t-il, a commencé sous l'influence d'un doute sur la reconduction de Ben Bernanke dans son poste de président de la Réserve fédérale américaine.
Il ajoute que l'inquiétude a persisté un bout de temps sur l'impact des signes d'un resserrement du crédit en Chine.
Mais la révision à la hausse par le Fonds monétaire international de sa prévision pour le PIB mondial en 2010 et 2011 laisse prévoir non pas un nouveau ralentissement, mais une «bonne croissance», souligne M. D'Amours.
Quant aux résultats financiers trimestriels publiés cette semaine, ils sont généralement loin d'être mauvais, dit M. Buisson.
Aux États-Unis, M. D'Amours estime que les données révélées par les sociétés composant l'indice S&P 500 auront jusqu'à maintenant été supérieures aux attentes dans une proportion de 70 à 75 %.
Dans le secteur des hautes technologies, il parle de quatre cas sur cinq.
Et, comme Carl Bouchard, il met en parallèle les informations venant d'Apple et d'Amazon.com.
«Fantastique», s'exclame M. D'Amours au sujet des ventes de la firme de Steve Jobs. Il souligne que le iPhone (ventes en hausse de 50 %) s'est hissé rapidement au troisième rang, accaparant 17 % du marché.
Le iPad lancé cette semaine a reçu, selon M. Bouchard, un accueil tiède de la part des investisseurs. Il ne croit pas que le nouvel appareil menace à court terme le livre électronique Kindle diffusé par Amazon.
Chez le libraire en ligne, la croissance des ventes montre à M. Bouchard un succès commercial important. M. D'Amours trouve très intéressante l'évolution du marché, puisque pour 10 livres «physiques», Amazon vend maintenant six livres électroniques.
Dans l'économie plus traditionnelle, M. Bouchard note que Ford a recommencé à produire des profits. Mais, dans un marché rendu plus difficile par le remplacement des «minounes» par des autos neuves subventionnées, «le test débute».
Il faudra réinventer plusieurs aspects de la compagnie, un peu comme chez Eastman Kodak, qui a aussi renoué avec le profit après qu'on l'a longtemps vu mourir à petit feu. C'est plus difficile de renaître que de partir de zéro, dit M. Bouchard.
Au Canada, Steve Buisson retient les résultats de Metro, qui a augmenté son bénéfice trimestriel de 21 %.
L'analyste de la firme de Carl Bouchard envisage même un potentiel de rendement de 25 % pour le titre.
André D'Amours attire pour sa part notre attention sur le secteur des fertilisants où deux transactions d'importance inégale ont été annoncées cette semaine.
Dans la plus petite (341millions $), le géant mondial BHP Billiton a quand même accepté de payer une prime de 25 % aux actionnaires de la canadienne Athabaska Potash.
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