Par contre, une bonne portion des gens savent, avec un peu d'aide, être zen au sujet de leurs finances, selon l'auteur de L'investisseur zen, comment rester rationnel quand les marchés ne le sont pas. Parmi eux, la plupart des gestionnaires institutionnels sont capables de prendre du recul par rapport à leurs émotions.
M. Trudel explique que, pour être zen, il ne faut pas être sans émotion. Il s'agit plutôt de ne pas laisser ses émotions occuper le centre de ses décisions financières. «Et garder un oeil sur le long terme», ajoute le planificateur financier, en entrevue à la suite de la publication à la fin de 2009 de son premier ouvrage chez Québec Amérique.
«Un investisseur zen, dit-il, sait se regarder être émotif et irrationnel.» Et son introspection peut lui éviter les pires erreurs.
Pour le conseiller en sécurité financière et en rentes collectives qui enseigne aussi à l'Université du Québec à Rimouski, la «finance comportementale» est un domaine d'étude «très riche» dans lequel on trouve encore peu d'ouvrages de vulgarisation.
Au moment où il a décidé d'écrire son livre, il agissait principalement à titre de conseiller en placement et il s'étonnait du haut degré d'émotivité des réponses de certains de ses clients à des recommandations qu'il jugeait pourtant prudentes.
Contrôler ses émotions, ce n'est pas seulement résister à la peur quand ça va mal. C'est aussi ne pas se laisser emporter par l'euphorie quand les marchés montent.
L'appât du gain est souvent un «aveuglement voulu», dit le spécialiste. Il trouve le terme cupidité un peu fort pour les investisseurs moyens, mais ils oublient que la perspective d'un dollar gagné rapidement ou facilement s'accompagne généralement d'un risque élevé.
Au lieu d'acheter un morceau d'une compagnie en se fondant sur les évaluations de profits futurs, certains préfèrent acheter un titre qui, par sa performance en Bourse, semble acquérir une existence propre. On s'approche alors davantage de la spéculation que de l'investissement.
Mais, en sortie de creux, on songe surtout à la panique qui a fini par prévaloir au cours de la dernière période de marché baissier.
L'adrénaline engendrée par la peur peut aider à courir vite, mais elle n'aide en rien à prendre des décisions éclairées.
Illustrant sa recherche par un tableau des cycles boursiers des 40 dernières années, il conclut qu'il «ne faut jamais vendre à la suite d'une baisse importante».
Éviter les erreurs
M. Trudel tire de ses 15 ans d'expérience dans le domaine financier le constat que la pire erreur des investisseurs est de surestimer leur capacité.
Il observe aussi que, plus le niveau de connaissance et d'expertise financière augmente chez un investisseur, plus les risques liés à l'euphorie ont tendance à dominer ceux liés à la panique dans les décisions.
En général, les conseillers en placement ont tendance à être optimistes, une caractéristique que M. Trudel partage volontiers.
C'est pourquoi, dit-il, il ne faut pas s'en remettre aveuglément à un conseiller. Pour au moins voir venir les poches d'air, il faut qu'un investisseur soit assis dans le siège du copilote plutôt que de rester un simple passager.
Tout cela fait partie des efforts de Sébastien Trudel pour vulgariser les marchés financiers.
Mais il a aussi voulu que son livre serve à initier les néophytes au fonctionnement de base des marchés des obligations et des actions.
Investir à risque nul serait sans doute le choix d'une majorité de gens, mais, au-delà de la préoccupation de diminuer ses impôts par l'épargne retraite, il faut aussi être conscient du risque de manquer d'argent plus tard, à défaut de rendement des placements.










