Toyota vacille: le temps d'acheter des actions?

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Les déboires de Toyota peuvent engendrer des occasions... (REUTERS)

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Les déboires de Toyota peuvent engendrer des occasions très intéressantes pour les investisseurs, croient les analystes financiers.

REUTERS

Pierre Couture
Le Soleil

(Québec) Pas toujours facile la vie de constructeur no 1 mondial. Parlez-en à Toyota, qui voit depuis la semaine dernière son titre boursier sérieusement malmené sur les parquets. On achète?

Il y a certainement des occasions très intéressantes pour les investisseurs, disent les analystes financiers.

Mardi, le titre de Toyota (TM) a terminé la journée à 78,18 $US à la Bourse de New York, en baisse de 1,76 $US. Il y a à peine deux semaines, l'action du constructeur avait pourtant touché un sommet historique à plus de 91 $US.

La semaine dernière, le rappel préventif de 2,5 millions de véhicules en raison d'une pédale d'accélération défectueuse sur huit modèles très populaires a fait chuter le titre de Toyota de plus de 10 % à la Bourse de New York. Du jamais-vu depuis 1994 pour Toyota en Amérique.

Ces derniers jours, Toyota a surtout déployé l'artillerie lourde pour se sortir de cette crise des accélérateurs. Après les excuses publiques du pdg, le constructeur nippon dit avoir concocté un «kit de réparation» qui sera acheminé à ses concessionnaires. On parle maintenant d'une intervention qui devrait durer une trentaine de minutes pour les propriétaires des véhicules rappelés.

Cette tentative de contrôler les «dommages collatéraux» arrive alors que la réputation sans tache du constructeur est rudement mise à l'épreuve. Acheter un véhicule Toyota par le passé rimait avec durabilité et fiabilité. Est-ce toujours le cas aujourd'hui?

Le mois de janvier est déjà à oublier pour Toyota, où ses ventes en Amérique du Nord ont chuté de 16 %. Aux États-Unis, Toyota occupe maintenant la troisième place des constructeurs, derrière Ford (deuxième) et General Motors (GM).

Est-ce que février pourra être pire pour Toyota? C'est là une question que se posaient mardi plusieurs analystes financiers. N'oublions pas que les huit modèles ciblés par le rappel des accélérateurs représentent un peu plus de 50 % des ventes des concessionnaires en Amérique du Nord.

La semaine prochaine,Toyota pourrait encore faire parler d'elle puisque des audiences publiques sont à l'horaire devant un comité des transports du Congrès américain. Certains élus pourront alors poser directement leurs questions à des hauts dirigeants de Toyota.

Pour le secteur de l'automobile, les mauvaises nouvelles qui s'accumulent chez Toyota ne laissent personne indifférent. Il faut dire que l'industrie se relève tant bien que mal d'une grave récession qui a mis au plancher plusieurs joueurs.

GM, qui s'est placé sous la protection de ses créanciers l'an dernier, n'est pas encore certain de se lancer sur les marchés boursiers cette année. Au dernier trimestre, GM a perdu 1,2 milliard $US. Son «nouveau» pdg, Fritz Anderson, a même quitté le navire en décembre.

Chose certaine, les malheurs de Toyota pourraient sourire à d'autres constructeurs asiatiques, mais pas nécessairement nord-américains, pense un analyste de la firme Goldman Sachs. Selon ce dernier, la clientèle type de Toyota ne ressemble en rien à celle de Ford, de GM et de Chrysler.

Or, les déboires de Toyota devraient davantage servir Honda, Mazda ou encore Hyundai, croit-il. «Nous voyons Honda très bien positionné pour profiter des faiblesses de Toyota», signalait pour sa part mardi un analyste de la Deustche Bank.

L'analyste fait remarquer qu'Honda offre des véhicules, facilement comparables à ceux de Toyota, dans cinq segments de l'industrie. Pour Honda, ces modèles compétitifs compteraient pour près de 80 % de ses ventes.

Mardi, à la Bourse de New York, le titre d'Honda (HMC) a terminé la journée à 34,28 $US, en hausse de 48 ¢US.

D'après l'analyste Kurt Sanger de la Deutsche Bank, il ne fait aucun doute que la crise des accélérateurs coûtera cher à Toyota. Il parle d'une facture avoisinant le milliard $US, dont des pertes de ventes de 450 millions $US.

Ce qui lui fait dire que Toyota pourrait offrir une riposte sans précédent au cours de mois de février ou au début du mois de mars. Le constructeur pourrait ainsi se lancer dans un vaste programme de rabais très alléchants sur plusieurs de ses modèles, question de renverser la vapeur.

Une crise bien gérée et une reprise des affaires normales pourraient ainsi faire la différence entre une année déficitaire ou une année rentable, soutient-il.

La plupart des analystes qui suivent le titre de Toyota n'appréhendent toujours pas le pire. Mardi, les prix cibles d'ici un an sur le titre du constructeur variaient entre 90 $US et 95 $US.

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