C'est ce qu'assure Yves Lafrenière, vice-président de BMO Banque de Montréal, au cours d'une entrevue, en marge d'une conférence prononcée devant les membres du Cercle finance du Québec participant hier à une activité-bénéfice au profit de la Fondation Robert-Giffard.
Évidemment, les entreprises qui faisaient face à des problèmes de fonds autogénérés avant la crise se trouvent en position encore plus difficile, constate le banquier.
Mais, dit-il, plusieurs entrepreneurs avaient déjà développé, ces dernières années, face à la hausse du dollar canadien, des attitudes favorables à la productivité qui les ont aidés à prévenir les effets de la récession.
Le soutien est présent et dynamique «et nous travaillons en étroite collaboration avec les instances gouvernementales pour emmener vers nos clients les solutions» qui leur sont accessibles.
Quand, par exemple, Investissement Québec injecte du capital dans des projets, la Banque de Montréal le fait aussi, répond M. Lafrenière à ceux qui craignent que les banques ne veuillent plus prêter aux entreprises. À preuve, il rappelle qu'en octobre, son institution a rendu au moins 1 milliard $ additionnels pour prêter aux petites et moyennes entreprises.
Dans le secteur manufacturier, il a été témoin d'efforts d'entrepreneurs qui ont profité du ralentissement pour prendre du recul, et repositionner leur organisation et investir dans leur chaîne de production et dans la recherche et le développement.
En poste à Québec depuis 10 ans, M. Lafrenière est responsable des services aux particuliers et aux entreprises dans 21 succursales de la Banque de Montréal disséminées de la Mauricie jusqu'en Gaspésie.
Il constate que, pour ses équipes, l'année dernière a été l'une des meilleures, même si ses clients hésitent encore face à des achats de biens durables ou à des immobilisations.
À Québec même, le défi est de maintenir le momentum créé par le 400e et les travaux d'infrastructure. En périphérie, il observe que les organisations ont souvent plus de difficulté à attirer les compétences, particulièrement dans le domaine des services professionnels.
Invité à commenter les enjeux des finances publiques, M. Lafrenière a prévenu que, même en tenant compte de la hausse de 1 % de la TVQ annoncée pour janvier 2011, des dégâts restent à envisager, «le jour où les taux d'intérêt vont se mettre à grimper».
«Le risque est fort, dit le banquier, pour que les agences de notation aient de plus en plus d'impact sur les décisions du gouvernement» dont la marge de manoeuvre est déjà très limitée pour maintenir sa cote de crédit.
Démographie
Avec l'éducation, l'autre défi majeur du Québec est celui du vieillissement de la population, à cause des coûts de santé et de la pénurie de main-d'oeuvre expérimentée.
Il faudrait peut-être regarder du côté de l'âge de la retraite, disait le conférencier en écho aux pistes de solution évoquées dans le rapport de Claude Castonguay sur ces enjeux. Il faudrait à son avis rendre non seulement possible mais aussi avantageux le report de la retraite.
La Banque de Montréal cherche à offrir à certains employés proches de la retraite des solutions de travail à temps partiel, pour retenir l'expertise et favoriser la transmission de la culture de l'entreprise aux nouveaux venus. Faut-il proposer aux plus âgés de travailler par exemple quatre mois par année? Les entrepreneurs sont préoccupés par la relève. Et ils doivent selon M. Lafrenière imaginer des solutions offrant plus de flexibilité à ceux qui ressentent le besoin de faire une pause ou d'avoir plus de liberté.«Il faut garder l'esprit ouvert à des façons différentes de voir les choses», plaide le vice-président régional de la Banque de Montréal.











