Voilà presque un tour du monde en trois bouts de phrases qui pourraient résumer une semaine où les indices boursiers ont évolué en dents de scie.
L'émotion a quand même été plus grande que les pertes boursières, surtout avec le rebond en fin de journée, hier.
Mais la bonne nouvelle, pour Carl Bouchard de RBC Dominion Valeurs mobilières, c'est que le marché de l'emploi en Amérique du Nord semble cesser de se détériorer.
Le taux de chômage a baissé, et les États-Unis ont perdu seulement 20 000 emplois en janvier, un chiffre peu significatif compte tenu de la taille de ce marché, estime Steve Buisson, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne. Mais, dit-il, l'économie américaine se dirige vers une perte de quelque huit millions d'emplois depuis le début de la récession.
Pour André D'Amours de la Financière Banque Nationale, l'indicateur dominant a été l'indice des intentions d'achat des entreprises (ISM), qui a connu en janvier son plus fort rythme de croissance depuis 2004 aux États-Unis. Cette donnée s'est aussi appréciée en Chine et dans la zone euro.
Mais là, l'endettement et la croissance économique faible dans certains pays comme le Portugal imposent à la monnaie commune un test très important qui refroidit les marchés, explique M. Bouchard.
Avec la difficulté d'émettre des obligations pour le Portugal, la Grèce et l'Espagne, M. D'Amours fait remarquer que les marchés évaluent maintenant à seulement 25 % la probabilité que la Réserve fédérale américaine commence à relever son taux directeur au mois d'août.
Du côté asiatique, il ne s'étend pas sur les déboires du géant mondial Toyota, dont le titre a perdu environ 22 % de sa valeur en quelques jours. Mais cette situation, dit-il, doit quand même rappeler aux investisseurs l'importance d'une bonne diversification dans un portefeuille d'actions, même quand on détient des titres qui se donnent des allures
d'infaillibilité.
Mais passons à quelques résultats financiers trimestriels qui ont retenu l'attention de nos interlocuteurs, cette semaine. Saputo a augmenté son bénéfice net de 80 % malgré un recul de 1,3 % des ventes. Excellent, commente M. Buisson. Pour un troisième trimestre consécutif, la société a dépassé les attentes des analystes, note M. Bouchard, ajoutant que sa firme considère que la fourchette historique d'évaluation n'a pas encore été atteinte, même si le titre s'est apprécié d'environ 50 % en 12 mois.
M. Buisson indique que BCE a profité d'améliorations dans toutes ses lignes d'affaires pour hausser son bénéfice d'opération de 12,8 % au quatrième trimestre. Pour l'année 2009, le bénéfice net ajusté a été en hausse de 11,1 % et malgré cela le titre n'a pas bougé.
C'est cependant Suncor qui pourrait selon lui être regardé comme l'aubaine de la semaine, après avoir encore perdu 10 % de sa valeur. Et cela malgré un profit de 457 millions $ comparativement à une perte de 215 millions $ un an plus tôt.
Du côté de la forêt, M. Bouchard observe un revirement de situation chez Domtar.
C'est justement dans le secteur des ressources naturelles qu'on trouvera une bonne partie des sociétés canadiennes dont les chiffres retiendront l'attention la semaine prochaine.
Le marché canadien sera particulièrement à l'honneur, et André D'Amours pointe Teck Ressources dans les minéraux et Agrium dans les fertilisants en plus de Talisman dans l'énergie et Canfor dans les produits forestiers.
À ces mêmes choix, Steve Buisson ajoute au moins deux compagnies d'assurance, Manuvie et Great West.
Dans ce domaine, les investisseurs de la région s'intéresseront particulièrement vendredi prochain aux résultats de l'Industrielle Alliance, selon Carl Bouchard. Mais du côté de l'énergie, il aura à l'oeil, ce même jour, le producteur d'uranium Cameco. Dans un contexte de diminution de la demande mondiale, il cherchera l'influence de nouveaux joueurs attirés dans le secteur par les bons prix de 2007 et 2008.
AVERTISSEMENT - Le fait de mentionner un titre dans le texte qui précède ne doit pas être interprété comme une recommandation d'achat ou de vente de la part du Soleil, ni de l'auteur, ni de la part de l'un ou l'autre de ses interlocuteurs.










