Des chômeurs poireautent faute de budget

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Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Des chômeurs de la région de la Chaudière-Appalaches qui attendent un coup de pouce d'Emploi-Québec devront ronger leur frein pendant deux mois de plus avant d'obtenir des services.

Le Soleil a mis la main sur une lettre aux employés qui évoque la «situation budgétaire précaire» dans laquelle se trouve l'agence dans la région. Un coin de pays dont le secteur manufacturier a été fortement éprouvé par la crise économique.

Dans sa missive, datée du 29 janvier, la directrice régionale Thérèse Leclerc souligne que la «présente situation est à ce point préoccupante que nous devons mettre en place des actions vigoureuses» pour y remédier.

La collaboration des employés est sollicitée afin que «toutes les activités prévues en février et en mars 2010 soient reportées à la prochaine année financière». Les personnes concernées ne se voient pas refuser les services, mais elles ne pourront y avoir accès que «dans quelques semaines». Les seules activités de soutien qui pourront être accessibles pendant cette période

- «dans la mesure du possible» - sont celles «ne nécessitant pas ou très peu de déboursés».

«Sachez que nous sommes tout à fait conscients que cette demande n'est pas sans impacts sur votre travail ainsi que sur les clientèles que nous desservons, écrit la directrice. [...] Il est fort probable que ces consignes suscitent de nombreuses questions ou inquiétudes.»

Rien à déclarer

Vendredi, Le Soleil a cherché à savoir auprès d'Emploi-Québec dans la Chaudière-Appalaches quelles sont les «activités» mises sur la glace pour des raisons financières. «Pour l'instant, nous, on n'a rien à dire», a fait savoir Éric Dubois, porte-parole. «Je ne vous livrerai pas les faits à ce moment-ci. Ce sont des consignes claires à l'intention de notre personnel.» Il a assuré que les partenaires d'Emploi-Québec et les clients ont été informés de la

situation.

Le porte-parole d'Emploi-Québec soutient qu'il s'agit d'une «fin d'année financière comme toutes les autres». La lettre de sa directrice demande pourtant un effort aux employés «dans le cadre de cette mesure d'exception».

Au bureau du ministre de la Solidarité sociale et de l'Emploi, Sam Hamad, on insiste sur le fait que «personne ne sera refusé pour des raisons budgétaires». Il est toutefois impossible de dire ce qu'il en est du report des services dans une direction régionale ou une autre.

En raison du contexte économique, les 11 centres d'emplois de la Chaudière-Appalaches ont été beaucoup plus sollicités cette année. Ils ont épaulé 584 entreprises, comparativement à 435 l'an passé. Et le nombre de travailleurs aidés à titre individuel est passé de 9300 à 10 624. Les dépenses ont bondi de 32 millions $ à 45 millions $. La bonification des mesures liées au Pacte pour l'emploi a aussi mis une «forte pression» sur le budget.

Emploi-Québec offre notamment de l'aide au reclassement des travailleurs et de la formation en entreprise, ainsi que des incitatifs au travail.

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