«Dans notre secteur, la croissance annuelle est estimée à 10-11 %. Avec une population de 1,2 milliard, une classe moyenne grandissante et des industries qui veulent de plus en plus se conformer aux nouvelles lois, les besoins pour nos équipements en assainissement des eaux sont en grande demande», affirme Frédéric Dugré de H2O Innovation, qui a signé une entente de coentreprise qui lui permettra de pénétrer le marché indien.
Tant les matériaux, l'infrastructure que les ressources humaines, «très talentueuses et compétentes», lui permettront de manufacturer en Inde, pour le marché indien. Mais qui sait, ces coûts compétitifs pourraient éventuellement l'aider à accéder à d'autres marchés, comme le Moyen-Orient ou l'Afrique du Nord, a suggéré Frédéric Dugré.
Terrible bureaucratie
Une autre entreprise active dans le même domaine, et qui ramène deux contrats à la maison, Premier Tech Environnement fournit déjà à des entreprises indiennes ses procédés de traitement des eaux usées depuis 2006. Même s'il reconnaît le potentiel énorme, d'autant que le secteur est relativement nouveau dans le sous-continent, Michel Lemieux assure que faire affaire en Inde compte aussi son lot de défis.
«La bureaucratie est terrible!» lance-t-il d'emblée. Un système de taxation complexe, des barrières tarifaires entre États et des coupures d'électricité plus ou moins fréquentes selon l'endroit doivent aussi être pris en considération.
Il n'y a pas que le traitement des eaux usées qui attire les entreprises québécoises dans le sous-continent. Directeur de la région Asie-Pacifique d'Immanence intégral dermo correction, Ron Gearey estime que l'Inde pourrait devenir un de ses top 5 marchés d'ici deux ans. L'entreprise spécialisée dans les produits antiâge, à la fine pointe de la «science du rajeunissement», voit grand avec les 50 millions d'Indiennes assez nanties pour se soucier de leurs rides.
Produits pour hommes
Le marché masculin a aussi son charme dans la mesure où les mâles indiens aiment se pomponner - «plus que les Canadiens». «Nous allons lancer des produits antiâge avec crème blanchissante : ça va être parfait pour ici!» se réjouit Ron Gearey.
Dans un ordre d'idées moins cosmétique, Jacques Côté de Braille Jymico, qui se spécialise dans la transcription de matériel scolaire complexe en braille, a aussi senti un potentiel intéressant. «Produire un document en braille peut facilement s'élever à 15 000 $. Or, avec une population non voyante indienne estimée entre 8 et 10 millions, on pourrait imaginer des commandes de plusieurs centaines de copies d'un même document scolaire, ce qui ferait chuter les frais drastiquement», considère Jacques Côté.
Par ailleurs, l'Inde est bien équipée en imprimantes brailles produisant vite et en grande quantité, contrairement au Québec. Braille Jymico pourrait dans l'avenir fournir des fichiers informatiques à ses collègues indiens pour une production braille plus massive. À suivre.










