À l'automne 2007, des employeurs de Québec avaient mis le cap sur un autre happening montréalais de l'emploi - le Salon Formation Carrière -, et plusieurs d'entre eux étaient restés sur leur appétit.
Des visiteurs à ce salon avaient avoué aux employeurs qu'ils trouvaient que la région de Québec était située trop loin pour qu'ils songent à s'y établir! De l'avis de Mélissa Hogan, chargée de projet à la Chambre de commerce de Québec, le pouvoir d'attraction de la région s'est accru ces derniers temps.
«Un beau momentum transporte la ville de Québec depuis les célébrations de son 400e anniversaire. Il faut miser là-dessus», insiste-t-elle, en signalant que le pavillon Travailler à Québec ne passera pas inaperçu. En septembre dernier, au National Job Fair de Toronto, un peu plus de 1000 visiteurs s'y étaient arrêtés.
«Il faut s'implanter dans l'inconscient des Montréalais et leur montrer qu'il y a des emplois de qualité à pourvoir chez nous», fait remarquer Serge Durand, responsable des communications à la direction régionale de la Capitale-Nationale d'Emploi-Québec, en insistant sur l'importance d'être présent à Montréal.
Pilotée par la Chambre de commerce de Québec, Emploi-Québec et la Ville de Québec, cette mission au Salon Emploi Formation - qui accueille 20 000 visiteurs - vise évidemment à faire connaître les emplois disponibles dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches.
Foire de l'emploi
On va en profiter également pour inviter les Montréalais à venir faire un tour à la Foire de l'emploi qui se tiendra les 19 et 20 mars au Centre de foires de Québec qui, aux dernières nouvelles, offrira 1228 postes aux chercheurs d'emploi.
Au moment de l'entrevue avec Mme Hogan, un seul employeur avait confirmé sa participation à la mission. La chargée de projet gardait espoir d'en recruter d'autres.
«Malgré tout ce qui s'écrit sur la belle performance économique de Québec, on sent que les entreprises sont encore un peu frileuses. Elles font attention à leurs sous», constate-t-elle.
Économiste à la direction régionale d'Emploi-Québec, Martine Roy confirme que la reprise dans le secteur de l'emploi se fait attendre. «La prudence est de mise chez les employeurs», estime Mme Roy, qui prévoit un retour à la normale à compter de l'été.
Selon elle, il ne fait pas de doute que la région de la Capitale-Nationale récupérera les 2900 emplois perdus au cours de l'année 2009. Elle rappelle que des emplois, la région a su en créer au cours des dernières années. En effet, pas moins de 70 000 emplois ont été créés dans la dernière décennie.
Et d'ici 2013, 59 500 postes sont à pourvoir, dont 50 000 pour remplacer tous les travailleurs qui partiront à la retraite. «Trouver l'adéquation entre la formation et les besoins du marché va demeurer le défi du secteur de la main-d'oeuvre», croit le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad.
Si les entreprises tardent à rouvrir les vannes pour pourvoir tous les emplois vacants disponibles, elles continuent, par contre, de faire des pieds et des mains pour recruter des candidats bilingues pouvant occuper des emplois supérieurs. «L'espèce de frénésie pour les emplois hautement qualifiés n'a pas cessé», affirme le directeur régional d'Emploi-Québec, Michel Gingras.
Perles rares
Pour dénicher ces perles rares, la région entend aller se faire voir un peu partout. Outre la participation au Salon Emploi Formation de Montréal, une mission de recrutement en France est en préparation pour le printemps. M. Gingras signale que les missions à l'étranger avaient permis de recruter
150 nouveaux travailleurs «stratégiques» depuis 2008. «Selon nos informations, à peine deux de ces travailleurs ont quitté la région.»











