Publiée par la Conférence régionale des élus (CRE) de la Capitale-Nationale et la Table de concertation en condition féminine, l'étude a pour objectif de mieux comprendre la réalité des entrepreneures, et d'ajuster en conséquence les outils et les interventions qui leur sont destinés. À tout le moins pour la soixantaine d'entrepreneures de la région interviewées pour l'étude, le stéréotype de la femme d'affaires carriériste ne colle pas, non plus que celui des préjugés sexistes des financiers.
«La première surprise de cette étude est que ces entrepreneures sont mères dans une proportion plus importante que les femmes en général, et qu'elles ont en moyenne plus d'enfants», indique Hélène Lee-Gosselin, titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant à l'Université Laval, et auteure de l'étude Réalités, besoins et défis des femmes entrepreneures de la région de la Capitale-Nationale.
«Ces femmes doivent donc trouver un équilibre entre leur vie de mère et leur position de dirigeante d'entreprise, poursuit Mme Lee-Gosselin. Si l'on considère que le partage des tâches domestiques n'est pas la première stratégie qu'elles adoptent pour concilier le travail et la famille, on comprend à quel point ce sont des artistes de la jonglerie!»
Préjugés envolés?
L'étude suggère aussi que le succès ne se mesure pas tant en argent et en rythme de croissance qu'en équilibre de vie, en épanouissement et en harmonie avec leurs valeurs. «L'argent est perçu davantage comme un moyen d'atteindre ses objectifs. La finalité de leur entreprise tend plus vers le service rendu à la communauté», précise la chercheuse.
Au cours de l'étude, une seule entrepreneure a mentionné avoir perçu que son sexe était le principal obstacle à l'obtention de financement. «C'est possible que les préjugés sexistes se soient érodés, avance Mme Lee-Gosselin. À moins que les banquiers aient raffiné leurs excuses pour refuser. Mais les jeunes entrepreneures sont très audacieuses et ont davantage d'assurance, ce qui très positif.»
Julie St-Onge-Drouin, copropriétaire de Kettö Design, illustre bien cette réalité. Mi-trentaine, deux enfants, en affaires depuis une dizaine d'années, les obstacles qu'elle a rencontrés, côté financement, ont été davantage reliés à son jeune âge et à son concept d'entreprise. «Nous partions d'un concept créatif pour aboutir à une entreprise, la nature du projet n'était pas évidente pour tout le monde!»
Armé de cette étude, la CRE veut maintenant convaincre le gouvernement du Québec de financer le fonds régional en entrepreneuriat féminin, annoncé dans le dernier budget. L'étude est disponible en ligne sur le site de la CRE au www.crecn.qc.ca.










