À preuve, l'entreprise québécoise vient de conclure un 22e trimestre rentable de suite, et a profité des derniers mois pour réaliser trois acquisitions.
«Le Groupe Canam a conservé sa rentabilité au cours d'une année où l'Amérique du Nord a été frappée par une récession particulièrement difficile», a indiqué Marc Dutil, président et chef de l'exploitation, lors du dévoilement des résultats financiers pour l'année 2009.
Au cours de l'exercice, l'entreprise a dégagé un bénéfice net de 20,1 millions $ (0,45 $ par action), comparativement à 48,4 millions $ (1,00 $ par action) en 2008. Les ventes consolidées ont accusé un repli de 21,4 %, s'élevant à 625,8 millions $. La marge bénéficiaire du Groupe Canam a également accusé un recul, passant de 22,6 %, à la fin 2008, à 19,4 %, à la fin 2009. Cependant, l'entreprise présente une dette nette de 0,3 million $, alors que celle-ci s'élevait à 69,9 millions $ au terme de l'exercice précédent.
Baisse des ventes
La baisse des ventes est essentiellement attribuée au ralentissement de la construction résidentielle au Canada et aux États-Unis, à la diminution du prix des matières premières et à la chute du dollar américain.
Par ailleurs, l'accent mis par Canam sur la valeur ajoutée semble porter fruit. «Nous croyons toujours que la profitabilité à long terme de l'entreprise requiert un réalignement vers les produits à valeur ajoutée et les services, a ajouté Marc Dutil. Ces produits ont d'ailleurs compté pour 34 % de nos ventes, cette année, alors qu'ils s'élevaient à 29 % l'année précédente.»
L'année 2010 s'annonce relativement bien pour le Groupe Canam. Son carnet de commandes, au 31 décembre 2009, s'établissait à 460 millions $, comparativement à 444 millions à la fin de 2008, et comprenait deux projets majeurs, soit la construction du stade de baseball des Marlins de la Floride et la reconstruction du toit de l'amphithéâtre BC Place, à Vancouver, dès la fin des Olympiques.
«Je ne crois pas que nous aurions pu éviter les turbulences économiques, mais nous nous sommes préparés depuis six ans pour passer au travers», a affirmé Marc Dutil.
Quand le fruit est mûr
L'acquisition de l'américaine FabSouth, annoncée pas Canam mardi, a été préparée de longue date. Marcel Dutil, président du conseil et chef de la direction du Groupe Canam, avait déjà annoncé au conseil d'administration, en 2003, que si celui-ci décidait de ne pas investir dans FabSouth, il le ferait à titre personnel.
Après quelques très bonnes années, le Groupe Canam a considéré que le fruit était mûr et, en décembre 2008, a acquis la participation de Marcel Dutil dans FabSouth, qui s'élevait à 15 %. Cette semaine, Canam a élevé sa participation dans l'entreprise américaine à 80 %.
«Nous avons été très prudents ces dernières années, et maintenant l'occasion était excellente pour nous», a fait valoir Marc Dutil. «You buy when the blood is running, et c'est ce qui se passe présentement dans l'industrie.»
Cette acquisition vient élargir l'offre de services du Groupe Canam. «Nous fabriquons les mêmes produits, mais pas à la même échelle, a précisé Marc Dutil. Nous n'avons pas réalisé cette acquisition en pensant synergie.»










