Les derniers mois ont été houleux pour l'entreprise, spécialisée dans l'acquisition de données par photographies aériennes et dans les technologies géospatiales. À la mi-décembre, le Groupe et ses trois filiales s'étaient placés sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité. Groupe Alta avait indiqué aux tribunaux devoir un peu plus de 10 millions $ à ses créanciers, dont 6,8 millions $ à la Banque nationale. Le portrait était similaire auprès de ses filiales, Hauts-Monts (11 millions $), Géomatique Emco (8 millions $) et True North Aviation (7 millions $).
L'entreprise avait 30 jours pour faire une proposition à ses créanciers. Le délai est arrivé à échéance la semaine dernière, sans que le Groupe ne présente d'entente ou ne demande de prolongation. Selon le syndic, PricewaterhouseCoopers, l'entreprise est donc officiellement en faillite.
C'était le silence lundi chez Groupe Alta. Aucune annonce officielle n'a été faite, aucun communiqué diffusé. Il n'a pas été possible de s'entretenir avec la direction. D'ailleurs, les boîtes vocales des dirigeants comme des employés ne sont plus activées.
Dissension
La nouvelle aura tristement confirmé le pressentiment des travailleurs, qui clamaient à la mi-novembre que la compagnie était condamnée s'il n'y avait pas de changement à la direction. Le climat s'était dégradé au sein de l'entreprise. Le 18 novembre, les employés avaient manifesté devant le siège social pour demander la tête de deux dirigeants, le président-directeur général, Benoît Raymond, et le vice-président aux opérations, Sébastien Desbiens. Selon les travailleurs, ces derniers ne croyaient plus à la survie de l'entreprise. «Parmi les actionnaires de la compagnie, il y a des gens qui croient toujours au succès de l'entreprise, et qui veulent que nous poursuivions nos activités», avait alors déclaré Stéphane Lessard, au nom des quelque 150 employés non syndiqués qui y travaillaient à ce moment-là. «Il y aurait même de nouveaux investisseurs qui seraient prêts à mettre de l'argent sur la table. C'est pourquoi nous demandons au conseil d'administration de faire tomber le pdg et le vice-président.» Selon M. Lessard, le climat était aussi difficile en raison de nombreux congédiements.
Acheteurs
Avant la faillite, PricewaterhouseCoopers avait reçu le mandat de trouver des acheteurs pour le groupe et ses filiales. Et des acquéreurs se sont manifestés, explique le syndic Dominic Picard. Même si l'entreprise a mis un terme à ses activités, ce dernier fait valoir que les offres tiennent toujours. Et tout le monde gagnerait à ce qu'il y ait une transaction le plus tôt possible, fait-il valoir. «Ça peut représenter de l'espoir beaucoup plus pour les employés un jour de récupérer leur travail. Je pense qu'il ne faut pas donner de faux espoirs aux créanciers. Je ne m'attends pas à ce qu'il y ait de l'argent pour les créanciers ordinaires», précise M. Picard.














