«On est vraiment en train de revoir tous les procédés, organiser le travail pour que tout soit le plus efficace possible pour favoriser également le transfert de connaissances. Donc on prend un petit pas vers l'arrière, pour aller vers l'avant par la suite», explique la porte-parole, Marie-Christine St-Pierre. Le manque d'expérience sur le type de bateaux actuellement en construction au chantier - des navires offshore - , a été ciblé par la compagnie comme l'une des causes de la situation précaire de l'entreprise, en combinaison avec des problèmes d'ordre financier.
La fluctuation des taux de change et la hausse du coût des projets liés à des retards dans les versements effectués par les clients ont aussi été montrées du doigt.
«Dans les dernières parties de construction des navires [...], c'est là où on assemble tous les morceaux, où on va mettre la centrale électrique là-dedans, où on va passer les câbles. Ça c'est vraiment la partie la plus complexe des bateaux, et c'est dans cette étape-là très critique qu'on n'a pas l'expertise ici», fait valoir Mme St-Pierre. La direction avait d'abord tenté de rattraper le retard en embauchant plus de personnel pour respecter les échéanciers. «Étant donné que les gens n'avaient pas l'expérience, ça ne s'est peut-être pas avéré la meilleure solution», dit-elle. L'entreprise mise maintenant sur l'expertise de spécialistes européens arrivés au cours des derniers mois pour compléter la formation de ses employés.
«Ce sont des navires très sophistiqués. Au Canada, on est les premiers à fabriquer ce genre de navires-là. Dans le monde, il ne s'en est pas fabriqué beaucoup», confirme le président du syndicat des travailleurs de Davie, Paul-André Brulotte. Mais selon lui, plusieurs facteurs expliquent la situation actuelle, notamment la gestion. Il affirme que lorsque les travailleurs ont commencé à bâtir les navires, il manquait certains dessins des bateaux ainsi que du matériel.
La direction rencontrera les représentants syndicaux aujourd'hui, soit quelques jours après la mise à pied de 1600 travailleurs. Les deux parties se disent confiantes pour l'avenir du chantier. «Davie a une bien plus grande valeur si on est en mesure de compléter ces navires-là que si Davie ferme du jour au lendemain», assure Mme St-Pierre. Même son de cloche du côté syndical. Mais les travailleurs demeurent inquiets, et M. Brulotte espère pouvoir leur donner plus d'informations bientôt. Le représentant syndical ajoute que le nouveau président a parlé aux quelque 160 travailleurs encore en poste et que, selon lui, il leur a donné un message d'espoir, «que le travail se ferait pour trouver des solutions».














