Teinturerie Française: fusionner pour tirer son épingle du jeu

Les trois propriétaires de Teinturerie Française, maintenant fusionnée... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Les trois propriétaires de Teinturerie Française, maintenant fusionnée pour inclure les bannières Les Nettoyeurs Ferland et Betty Brite, sont nés dans l'industrie du nettoyage de vêtements. Ensemble, Alain Laflamme et son frère Guy (absent de la photo) ainsi que Louis Turcotte (à droite) se plaisent à dire qu'ils cumulent plus de 80 années d'expérience.

Le Soleil, Steve Deschênes

Anne Drolet
Le Soleil

(Québec) Le marché du nettoyage de vêtements est en décroissance, en plus d'être saturé dans la région, affirment les propriétaires de Teinturerie Française. Pour tirer son épingle du jeu, l'entreprise a fusionné ses activités et a regroupé sous une même appellation ses deux autres bannières principales, Les Nettoyeurs Ferland et Betty Brite.

L'union des trois chaînes, annoncée le mois dernier mais enclenchée depuis maintenant plus d'un an, fait de Teinturerie Française le plus gros nettoyeur de la grande région de Québec avec environ 55 % du marché. L'entreprise regroupe maintenant 30 succursales et une vingtaine de dépôts dans des dépanneurs, des épiceries ou des hôtels.

Le chiffre d'affaires de l'entreprise, qui offre des services de nettoyage à sec, de nettoyage spécialisé pour le cuir et le suède, de couture et d'entreposage oscille autour des 5 millions $. Elle emploie 110 personnes.

La fusion était devenue nécessaire pour assurer la rentabilité, expliquent en entrevue deux des trois propriétaires, Louis Turcotte et Alain Laflamme. L'industrie se transforme depuis plusieurs années. Finis les petits ateliers dans chaque point de service : l'heure est à la centralisation.

Ainsi, que vous alliez porter un vêtement à nettoyer à Sainte-Anne-de-Beaupré, à Saint-Augustin, sur la Rive-Sud ou à Québec, il atterrira à l'atelier du 1480, chemin de la Canardière. Là-bas, 45 employés s'affairent à trier, à détacher, à presser les vêtements. Plusieurs opérations sont aussi complètement automatisées : une véritable usine. La consolidation permet notamment d'acquérir cette machinerie spécialisée, trop coûteuse pour un petit atelier, font valoir les hommes d'affaires. Il est aussi plus facile de former les nouveaux employés. Réunir les chaînes sous une même bannière facilite de plus la gestion comme la publicité.

Nouveau concurrent

L'union pourrait aussi servir l'entreprise alors qu'un nouveau concurrent, le Groupe Qualinet, cherche à percer le marché du nettoyage des vêtements. La fusion n'est pas en réaction à l'arrivée de ce compétiteur, précise Teinturerie Française, quoiqu'elle est d'autant plus nécessaire maintenant.

Mais Québec peut-elle absorber un autre gros joueur dans ce secteur? Non, répondent fermement les associés. «La demande pour les services de nettoyeurs est en décroissance», note Louis Turcotte. Les habitudes vestimentaires ont changé, explique-t-il. De plus en plus, les vêtements sont lavables à la machine, les nouveaux tissus exigent moins de soin, les gens veulent dépenser le moins possible pour ce type de services.

«Nous, depuis au moins 20 ans, on ne rouvre plus [de succursales]. Quand on prend de l'expansion, c'est seulement par des acquisitions. On ne fait pas d'ouverture parce qu'il n'y a pas de marché pour des nouveaux [magasins]», estime M. Turcotte.

Histoire de famille

Teinturerie Française mise sur son expertise pour se démarquer. Les trois propriétaires sont tombés dans l'industrie du nettoyage quand ils étaient petits : Louis Turcotte ainsi que les frères Alain et Guy Laflamme ont pris la relève de leur entreprise familiale respective. Ensemble, ils cumulent plus de 80 ans d'expérience, s'amusent-ils à dire. Les parents de MM. Laflamme, qui ont 69 et 67 ans, continuent de participer activement à l'entreprise plusieurs mois par année. «Mon père est ici à 6h du matin!» constate Alain Laflamme. «On aimerait ça que la troisième génération prenne [les rênes]. Notre but, c'est ça», continue M. Laflamme. Et la relève commence déjà : son fils de 14 ans a commencé à y travailler à temps partiel.

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