Saison REER: des épargnants encore frileux

Les experts d'Investors considèrent que les cotisations au...

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Les experts d'Investors considèrent que les cotisations au compte d'épargne libre d'impôt (CELI) ont pris leur envol en 2010. En effet, 31 % des répondants à leur étude ont dit avoir cotisé à un CELI, comparativement à 17 % l'an dernier.

Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) La participation à l'épargne-retraite (REER) s'est réchauffée, cette année, mais la tendance aux placements défensifs indique un comportement encore frileux des épargnants, si on en croit les premiers indicateurs fournis par des sondages des institutions financières.

En effet, moins de 4 personnes sur 10 répondant à deux enquêtes d'opinion ont dit avoir contribué à un REER avant la date limite du 1er mars.

Dans la réponse au coup de sonde donné par la société de fonds communs de placement Groupe Investors auprès de

978 Canadiens adultes, les 2 et 3 mars, on remarque que 36 % d'entre eux disent avoir placé de l'épargne dans un REER.

L'an dernier, alors que les marchés financiers étaient rudement secoués, la même réponse n'avait été obtenue que dans 31 % des cas, indiquant une baisse par rapport aux années précédentes qui s'était aussi reflétée dans la valeur des épargnes REER.

Mais la propension à préférer des placements à court terme et généralement peu risqués comme des obligations et des fonds du marché monétaire demeure stable, à 16 %.

Pour Bruno Therrien, directeur du bureau d'Investors à Sherbrooke, cette stratégie n'est pas une solution à long terme. «Les placements peu risqués, dit-il, peuvent procurer un sentiment de sécurité, mais demeurer trop longtemps à l'écart du marché risque de coûter cher, car, ce faisant, on rate des occasions d'investissement.»

Un peu plus tôt cette semaine, un autre sondage donnait un son de cloche à peu près similaire, montrant que 38 % des Canadiens ont cotisé à l'épargne-retraite pour l'année d'imposition 2009.

L'enquête effectuée pour la première fois pour le compte de BMO Banque de Montréal ne permettait cependant pas de comparer ses données avec les années antérieures. Mais elle met le résultat en relation avec les conditions difficiles de l'économie. En effet, l'omission de cotiser a été motivée par un manque de liquidités dans la majorité des cas, soit 64 % à l'échelle canadienne et 57 % au Québec.

L'échantillon de 1500 personnes a été sondé à quelques jours de l'échéance du 1er mars, soit du 22 au 25 février.

Afin de ne plus manquer la date limite pour enregistrer une cotisation, Serge Pépin, directeur général de BMO Investissements, a insisté sur les avantages d'établir un programme de virements bancaires automatiques, quitte à le financer ne serait-ce que par le sacrifice d'un café par jour.

Envol du CELI

Par ailleurs, les experts d'Investors considèrent que les cotisations au compte d'épargne libre d'impôt (CELI), ont pris leur envol en 2010. En effet, 31 % des répondants à leur étude ont dit avoir cotisé à un CELI comparativement à 17 % à la même date l'an dernier, quand cette possibilité était encore toute nouvelle. Cette proportion s'élève même à 37 % si on considère les sondés qui ont aussi mis de l'argent dans leur REER.

Le REER et le CELI, rappelle Bruno Therrien, sont les deux faces d'une même médaille. Il trouve «encourageant de voir que de plus en plus de Canadiens prennent les moyens de faire fructifier une plus grande part de leur argent».

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