Dernier droit pour la construction du pipeline St-Laurent

«Les retards accumulés et ceux qui pourraient s'ajouter... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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«Les retards accumulés et ceux qui pourraient s'ajouter risquaient de compromettre la réalisation de ce projet», soutient la vice-première ministre Nathalie Normandeau dans un communiqué.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Josianne Desloges

Josianne Desloges
Le Soleil

(Québec) En octobre 2009, Ultramar obtenait du gouvernement du Québec l'autorisation de construire un pipeline dans 28 des 32 municipalités qui se trouvent sur son tracé entre Montréal et Lévis. Les quatre villages gaulois qui résistaient encore et toujours à la compagnie ont maintenant rendu les armes : la ministre Nathalie Normandeau a coupé court aux analyses touchant les trois municipalités de la vallée du Richelieu, et le tribunal administratif du Québec (TAQ) a rejeté la demande de neuf propriétaires de Lévis.

«Les retards accumulés et ceux qui pourraient s'ajouter risquaient de compromettre la réalisation de ce projet», soutient la vice-

première ministre dans un communiqué, ajoutant que l'investissement de 350 millions $ est d'une importance stratégique pour le Québec. Le pipeline permettra d'alimenter la grande région de Montréal et l'ouest du Québec en produits pétroliers à partir de la raffinerie Jean-Gaulin.

Il faut dire que le projet est sur la table depuis 2005 et devait être mis en service à l'automne 2008. «Nous avons mené des centaines de séances d'information et fait beaucoup de compromis. Les coûts prévus au départ étaient de 200 millions $», souligne Michel Martin, directeur des affaires publiques et gouvernementales chez Ultramar, heureux des décisions prises récemment par le gouvernement et le TAQ. «Il ne reste que quelques brevets à obtenir», précise-t-il.

France Lamonde, vice-présidente de l'Association des propriétaires privés, agricoles et forestiers qui s'opposent à ce qu'Ultramar obtienne le droit de disposer de leurs terres, déplore cette nouvelle avancée du pipeline. «La CPTAQ [Commission de la protection du territoire agricole du Québec] n'a pas joué son rôle. Les citoyens n'ont eu aucune écoute. Les gens de Saint-Mathieu-de-Beloeil, de Saint-Charles-sur-Richelieu et de Saint-Marc-sur-Richelieu se sont fait dire d'attendre leur tour et, finalement, ils n'ont même pas pu s'exprimer», dit-elle.

Dangereux précédent

Mme Lamonde croit que la loi 229, qui donne pour la première fois au Québec le droit à une compagnie privée d'exproprier les propriétaires récalcitrants constitue un précédent dangereux. «Bientôt, nos terres vont pouvoir servir à n'importe quoi d'autre que l'agriculture. Nous avons l'impression que notre droit de propriété ne vaut rien», dit-elle.

Selon la décision rendue par le CPTAQ, Ultramar aura une emprise permanente sur un corridor de 23 mètres, là où passera le pipeline. «De façon globale, nous avons tenté de minimiser les impacts et de traiter tous les propriétaires équitablement», soutient le porte-parole d'Ultramar, qui évoque des raisons techniques pour expliquer qu'à plusieurs points névralgiques, comme sur la terre de Mme Lamonde, il soit impossible de suivre le tracé des fils d'Hydro-Québec.

Comme d'autres, celle-ci devra donc composer dans une zone avec les restrictions de la société d'État et dans une autre avec celles de la compagnie. Elle assure que son groupe entend poursuivre la bataille, même si les chances de l'emporter fondent à vue d'oeil.

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