Dans une note de recherche publiée mercredi, les économistes du Mouvement Desjardins soutiennent que la récente hausse des prix des maisons en sol québécois demeure encore soutenable pour les futurs acquéreurs.
Le mois dernier, le prix des maisons a continué de progresser de façon importante dans les deux principaux marchés de la province.
À Québec, le prix médian d'une maison unifamiliale a grimpé de 14 % comparativement à 9 % dans la métropole. Les acheteurs ont ainsi dû allonger en février 210 000 $ pour mettre la main sur une résidence unifamiliale dans la capitale contre 245 000 $ dans la région de Montréal.
Depuis 10 ans, les économistes de Desjardins notent que les prix des propriétés québécoises ont fait un étonnant bond de 112 % alors que la croissance des revenus des travailleurs s'est limitée à 33 %. «Les acheteurs de maison ont surtout été favorisés jusqu'à maintenant par la faiblesse des taux d'intérêt», a signalé mercredi l'économiste Hélène Bégin de Desjardins.
Car malgré des fortes hausses des prix des maisons, le ratio de versement hypothécaire moyen sur le loyer moyen (actuellement de 1,9) des Québécois tend toujours vers sa moyenne historique de 10 ans (ratio de 1,7).
Une situation à l'opposé de celle observée dans le reste du pays, où des marchés en surchauffe commencent à apparaître dans certaines grandes villes.
Rien toutefois pour céder à la panique, assure les économistes de Desjardins.
Hausse des taux
Mais voilà, la hausse des taux d'intérêt attendue en juillet devrait envoyer un signal ferme aux emprunteurs : la fête est terminée.
Déjà, les offres compétitives abondent à cette période de grande courtisanerie. Mercredi, chez le courtier Multi-Prêts, le meilleur taux hypothécaire offert (5 ans) était affiché à 3,79 %.
«Il n'y a pas de raison de ne pas sortir gagnant ces temps-ci, à moins d'être très mal conseillé», a fait savoir la conseillère hypothécaire Nathalie Duchesne.
Meilleures offres
Parmi les meilleures offres sur le marché mercredi, on pouvait contracter notamment un prêt de cinq ans à un taux fixe de 3,75 % à la Banque de Montréal.
Certaines banques tentent même de courtiser des clients déjà chez des compétiteurs en leur offrant de l'argent comptant, question de payer la pénalité entraînée par le remboursement anticipé de leur hypothèque.
Par exemple, la Banque CIBC offre un taux hypothécaire de 3,99 % sur cinq ans en plus d'un retour en argent de 2 % pouvant être utilisé pour payer les frais de transfert de compte. Elle souligne que, pour un prêt hypothécaire de 200 000 $, le remboursement en argent atteint les 4000 $.
Quant à une hausse éventuelle (l'été prochain) des taux d'intérêt, elle ne devrait pas être trop brutale. Chez Desjardins, on croit que le taux d'un an, actuellement à 3,5 %, pourrait terminer l'année à 4,5 %, alors que celui de cinq ans (5,39 %) passerait à la fin de 2010 à 6 %.











