«Ils avaient une opportunité de trouver rapidement un nouveau gagne-pain. Face à l'incertitude entourant la reprise des activités, ils ont sauté sur l'occasion qui se présentait à eux», commente le président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon, Paul-André Brulotte, sans toutefois être en mesure de chiffrer le nombre de démissions. «D'autres ont commencé à consulter les offres d'emploi compte tenu que personne n'est en mesure de prédire l'avenir du chantier. Ils ne prennent pas de chance.»
Il y a maintenant 15 jours que Chantiers Davie s'est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers, le temps de trouver du financement pour compléter la construction de cinq navires. Une décision qui a provoqué la mise à pied temporaire de près de 1600 travailleurs.
«Le départ massif de travailleurs constitue notre plus grande crainte», affirme la vice-présidente aux communications des Chantiers Davie, Marie-Christine St-Pierre, en signalant qu'il fallait comprendre qu'il était impossible, à ce moment-ci, de donner des réponses sur une date de reprise des activités au chantier.
Au cours de la dernière année, l'entreprise a recruté et formé pas moins de 700 nouveaux employés. «Évidemment, on ne voudrait pas avoir à recommencer le processus à zéro. C'est pourquoi nos employés sont précieux à nos yeux.»
Rencontres d'information
Jeudi, la direction de l'entreprise avait organisé la tenue de cinq rencontres d'information pour faire le point avec ses employés.
Au moment de l'annonce de l'opération de restructuration, la direction du chantier n'avait pas eu le temps d'expliquer les tenants et les aboutissants de la situation actuelle à ses travailleurs.
«Les patrons nous ont dit qu'ils étaient en pourparlers avec notre principal client, Cecon, et d'autres intervenants pour trouver du financement. Ils ne sont pas en mesure, par contre, de préciser à quel moment les premiers retours au travail s'effectueront et qui sera rappelé au travail», souligne Paul-André Brulotte.
À l'occasion des rencontres auxquelles il a pu assister, le président du syndicat a indiqué que des employés avaient fait part à la direction de la désorganisation qui régnait au sein des divers départements. La situation était particulièrement chaotique à bord du premier navire que le chantier devait livrer en avril prochain. «De nombreux sous-traitants sont arrivés en même temps. Le chantier n'était pas prêt à les recevoir. Il manquait de matériel. La gestion était déficiente.»
Suggestions
Selon Marie-Christine St-Pierre, les rencontres d'information visaient également à permettre aux employés de faire des suggestions en vue d'améliorer la productivité du chantier et de réduire les coûts.
À ce sujet, deux groupes de travail sont déjà à l'oeuvre. Un premier cherche des solutions à très court terme pour permettre l'achèvement des travaux du premier navire de construction offshore pour Cecon. Un deuxième groupe se penche sur les changements à apporter dans l'organisation du travail pour réussir à compléter l'ensemble des contrats dans une optique de réduction des coûts.














