À entendre les commentaires de nos interlocuteurs habituels, hier, la tentation était forte de digresser un peu en parodiant la blague de la tonne de plume et de la tonne de plomb.
Bien sûr, Potash Corporation ne vend pas ses produits à la poche, mais à pleins wagons. L'annonce de perspectives de bénéfices beaucoup plus élevées que les précédentes a soulevé d'un grand coup de vent (6 %) le titre du plus important fournisseur d'engrais au monde. Celui-ci avait été durement déprécié quand la demande avait chuté en début de récession.
Pendant ce temps, l'action d'Air Transat frappait un trou d'air qui l'a fait planter de plus d'un tiers de sa valeur en deux jours.
Pour Potash, passer d'une fourchette de 70 ¢-1 $ à la zone 1,20 $-1,50 $ de bénéfice anticipé au prochain trimestre représentait une forte évolution dans la demande, explique Steve Buisson de Valeurs mobilières Banque Laurentienne.
Il restera à vérifier, dans les prochains jours, si la montée subite de 7 $ était un feu de paille ou une position solide, prévient Carl Bouchard de RBC Dominion Valeurs mobilières.
Chose certaine, dit-il, le besoin d'enrichir le sol augmentera après les applications d'engrais réduites de 2009.
Il ajoute que le titre de Potash a tellement de poids à la Bourse de Toronto que son mouvement pouvait à lui seul faire la différence entre une hausse et une baisse de l'indice S&P TSX, à la fin d'une semaine sans direction précise. L'indice a néanmoins terminé la journée un peu au-dessus de la marque des 12 000 points.
La remontée des prix de divers autres minéraux (nickel, cuivre, argent et autres) a aussi contribué au dernier élan de notre huard, qui s'approche sérieusement de la parité avec la devise américaine, signale M. Bouchard. Tout comme le gain de 3,7 % du prix du baril de pétrole depuis un mois.
À ce chapitre, Daniel Drolet de la Financière Banque Nationale souligne que les analystes de sa firme anticipent maintenant une hausse du brut à 100 $US le baril pour le mois d'août.
Le coût de carburant en forte progression ne serait sans doute pas favorable au titre d'Air Transat, fortement alourdi par des résultats trimestriels décevants.
La perte du trimestre n'était que de 13 millions $ comparativement à 29 millions $ un an plus tôt, souligne M. Buisson. Mais les analystes s'attendaient à un retour à l'équilibre.
La perte n'était pourtant pas une grande surprise, commente M. Bouchard.
Pour M. Drolet, le secteur du transport aérien est toujours une boîte à surprise, surtout avec la concurrence très vive que se livrent Transat, Air Canada et WestJet.
Il mentionne aussi que le secteur des télécommunications est à mettre sous haute surveillance. Il est trop tôt pour dire quels joueurs connaîtront des effets négatifs ou positifs, mais le portrait du sans-fil pourrait changer beaucoup, au cours des 12 prochains mois. Surtout à cause de l'arrivée de nouveaux venus comme Vidéotron et de l'ouverture faite aux capitaux étrangers, souligne Daniel Drolet.
Ses deux collègues considèrent d'ailleurs Quebecor comme vedette de la dernière semaine.
C'est Vidéotron qui sauve les meubles, mais les résultats sont excellents pendant que les conglomérats concurrents souffrent, commente M. Buisson.
La société qui a beaucoup évolué depuis son entrée en Bourse dans les années 70 montre qu'elle peut encore s'adapter aux opportunités, ajoute Carl Bouchard.
Celui-ci fait aussi remarquer que, parmi les succès qui ont retenu son attention ces derniers jours, on trouve une brochette de titres qui font penser aux héritiers du «Québec inc.», dont Dorel et Couche-Tard, même si les résultats de cette dernière ont raté les attentes des analystes.
Le bénéfice trimestriel a été de 22 % inférieur à celui d'un an plus tôt.
Mais la différence, dit Steve Buisson, s'explique essentiellement par une baisse de la marge bénéficiaire sur les carburants aux États-Unis.
AVERTISSEMENT - Le fait de mentionner un titre dans le texte qui précède ne doit pas être interprété comme une recommandation d'achat ou de vente de la part du Soleil, ni de l'auteur, ni de la part de l'un ou l'autre de ses interlocuteurs.









