La papetière, forte d'une entente avec la FTQ plus tôt cette semaine, pourra maintenant poursuivre le processus pour s'éloigner de la faillite. «Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous avons accepté, au bout de neuf longues journées intensives de négociation, des concessions majeures», a déclaré le président de la FTPF-CSN, Sylvain Parent.
L'entente concerne quelque 1000 travailleurs, répartis dans les usines d'Alma, de Kénogami, des Laurentides et de Clermont. Le président du syndicat de cette dernière, Claude Turcotte, admet que «concessions majeures» signifient baisse de salaire.
«On avait pour objectif de sauver des emplois. Fallait en arriver là, mais ça s'est fait dans le respect de chacun», disait-il, ne voulant pas fournir de détails avant que ses membres n'entérinent l'entente, chose qu'il ne doute pas. À Clermont dans Charlevoix, c'est près de 300 travailleurs qui sont concernés.
Prix à payer
«C'est le prix à payer pour faire sortir la compagnie de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies afin qu'elle maintienne ses opérations partout au Québec. Nous étions d'ailleurs guidés par cet objectif de maintenir le plus d'emplois possible, de limiter les dégâts dans nos conventions collectives, et ce, tout en préservant les droits des retraités», faisait savoir M. Houle, heureux d'avoir «évité la pire des éventualités, autant pour les travailleurs que pour les retraités, soit la faillite de l'entreprise».
M. Turcotte croit que «si les deux parties ont accepté l'entente négociée, c'est qu'ils pensent être capables de faire un bout de chemin dans le processus pour s'en sortir».
Il n'a pas nié que l'entente comportait des modifications au régime de retraite. La fédération a aussi fait savoir qu'elle poursuivait les discussions avec le gouvernement et AbitibiBowater pour réduire le déficit de la caisse de retraite et pour la mise en place d'un nouveau régime.
Plus tôt cette semaine, AbitibiBowater avait scellé le sort de 8000 de ses employés, affiliés au Syndicat des communications, de l'énergie et du papier. Le secrétaire-trésorier de celle-ci, Gaétan Ménard, parlait alors de «la meilleure entente possible» compte tenu de la situation précaire de l'entreprise.
Les deux unités syndicales ont mené des négociations séparées, ce qui a causé un malaise. «On en avait eu des bribes, mais chose certaine, elle avait les mêmes objectifs que nous», disait M. Turcotte, bon joueur dans les circonstances.









