Aéro-Photo achète les actifs du Groupe Alta

Le directeur général d'Aéro-Photo, Christian Lévesque. À son... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le directeur général d'Aéro-Photo, Christian Lévesque. À son avis, l'avenir s'annonce prometteur. «Nous sommes tous gonflés à bloc. Nous nous sentons comme des jeunes flos déterminés à construire une entreprise à succès.»

Le Soleil, Patrice Laroche

Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) L'un des principaux artisans de la fondation du Groupe Alta en 2003, Paul Grenier, n'allait pas laisser mourir l'entreprise en faillite depuis le 24 février.

«Ça ne se passera pas de même. On va faire notre effort. Et si on est capable de mettre le grappin dessus, on le fera», raconte M. Grenier, qui est sorti de sa retraite pour tenter de sauver le Groupe Alta de la faillite. L'entreprise devait un peu plus de 10 millions $ à ses créanciers.

Président d'Aéro-Photo, Paul Grenier était à la tête de l'un des trois groupes désireux de se porter acquéreur des actifs du Groupe Alta, une entreprise de Québec spécialisée dans la prise de données aériennes et dans les technologies géospatiales.

Jeudi dernier, le tribunal a tranché en faveur d'Aéro-Photo, qui a déboursé 3,9 millions $ pour acheter les actifs du Groupe Alta, dont une flotte de six avions.

Depuis le début de la semaine, une trentaine d'anciens employés du Groupe Alta s'activent à remettre l'entreprise sur les rails.

Sous la gouverne du directeur général Christian Lévesque - un collaborateur de longue date de Paul Grenier - des employés mettent de l'ordre dans les finances, appellent les clients dispersés aux quatre coins de la planète, rassurent les fournisseurs et contactent les ex-travailleurs du Groupe Alta.

Se donnant deux ans pour remettre la compagnie sur la bonne voie, notamment en créant un nouveau lien de confiance avec les employés, les clients et les fournisseurs, Paul Grenier ne s'attend pas à ce que la partie soit facile.

Il prévoit rencontrer des «difficultés» avec les fournisseurs qui ont perdu de l'argent à la suite de la faillite du Groupe Alta. Des billets verts qu'ils ne verront plus jamais.

«Je peux comprendre leur hésitation. Ils ont été échaudés. Il va falloir faire nos preuves.»

Par ailleurs, M. Grenier ne croit pas que le marché laissera tomber Aéro-Photo. «Nos clients nous connaissent. Nous étions là il y a plus de 30 ans, bien avant l'intégration de nos compagnies et de leurs filiales qui a donné naissance au Groupe Alta, qui est devenue la plus grosse compagnie d'acquisition de données au Canada.»

Pour la petite histoire, rappelons que l'ancêtre du Groupe Alta a été le Groupe Haut-Monts, une société fondée par le père de Paul Grenier. Au fil des ans, le Groupe Haut-Monts a créé d'autres compagnies, dont Aéro-Photo, qui était devenue une coquille vide.

De l'espoir pour les ex-employés

Au moment de fermer ses portes, le Groupe Alta comptait une centaine d'employés. Dès les premiers signes d'une éventuelle faillite, des travailleurs avaient décidé de quitter le navire.

À la trentaine d'employés qui besognent déjà dans les locaux administratifs sur l'avenue du Cheminot, dans l'arrondissement Beauport et dans le hangar situé près de l'Aéroport international Jean-Lesage, Paul Grenier prévoit en recruter entre 25 et 30 autres.

Pour ce qui est des 30 travailleurs qui évoluaient à Montréal dans la division des télécommunications, ils conserveront leur gagne-pain puisqu'une entreprise montréalaise vient d'acheter cette division.

En bout de course, entre 25 et 30 anciens employés du Groupe Alta pourraient rester sur le carreau. La situation aurait pu être pire, affirme M. Grenier, en indiquant que les deux groupes désireux de mettre la main sur le Groupe Alta venaient de l'Ouest canadien et ne prévoyaient pas conserver des installations au Québec.

Avouant qu'il aurait aimé pouvoir sauver l'entreprise avant qu'elle ne fasse faillite, Paul Grenier ne veut pas revenir sur le passé. «Notre énergie, on va la consacrer à la suite des choses», indique-t-il en signalant que l'entreprise venait d'investir 1,5 million $ pour l'acquisition de trois caméras digitales.

De l'avis de Christian Lévesque, l'avenir s'annonce prometteur. «Nous sommes tous gonflés à bloc. Nous nous sentons comme des jeunes flos déterminés à construire une entreprise à succès.»

«Nous avons trouvé un nouveau banquier qui nous fait confiance et il y a Investissement Québec qui se montre prêt à nous aider», ajoute Paul Grenier.

La saga du Groupe Alta avait commencé à faire la manchette en novembre dernier, alors que les employés avaient organisé une manifestation pour dénoncer le climat explosif à l'intérieur de l'entreprise, une situation provoquée par de profondes divergences parmi les actionnaires.

Voyait la faillite se dessiner, ces employés - des non-syndiqués faut-il le préciser - réclamaient le départ des deux principaux dirigeants de la compagnie, le pdg Benoît Raymond et le vice-président aux opérations, Sébastien Desbiens.

Avec la collaboration d'Anne Drolet

 

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