Tout juste avant l'heure du midi, la circulation est dense dans les allées de ce supermarché de l'emploi. Dans les kiosques, les responsables des ressources humaines des entreprises ne chôment pas. Ils prennent le temps de répondre aux questions des visiteurs. Et, évidemment, ils racontent à qui veut les entendre que leur entreprise est la meilleure!
«Depuis ce matin, nous accueillons environ 1000 visiteurs à l'heure», indiquait, en milieu d'après-midi, l'adjointe à la coordination de l'événement, Catherine Gagné. «À ce rythme, le nombre de visiteurs devrait tourner aux alentours de 12 000. C'est bon.»
L'an dernier, la Foire de l'emploi avait accueilli plus de 14 000 visiteurs. En 2008, le nombre de chercheurs d'emploi et de magasineux - 37 % des visiteurs de la Foire de l'emploi ont déjà un gagne-pain - avait été de près de 11 000.
Alors que 147 entreprises étaient présentes en 2009, elles sont un peu moins cette année : 133. Rien de dramatique, signale Catherine Gagné. Signe que les entreprises sont encore «frileuses» à la sortie de la tourmente économique, plusieurs d'entre elles ont choisi, cette année, de s'installer dans un kiosque plus petit.
Cure de jeunesse
Président de la Chambre de commerce de Lévis et président du Groupe Perspective - une firme spécialisée en recrutement de personnel -, Marcel Bérubé se demande si le moment n'est pas venu de faire subir une cure de jeunesse à la Foire de l'emploi.
«Pourquoi ne pourrions-nous pas trouver sous un même toit la Foire de l'emploi et le Salon Éducation Emploi?» suggère M. Bérubé.
Il y a 12 ans, ce dernier faisait partie de ceux qui avaient mis au monde la Foire de l'emploi. À l'époque, le taux de chômage frisait les 10 %. Il fallait trouver un moyen qui allait permettre aux chômeurs d'entrer en contact avec les employeurs.
Aujourd'hui, le portrait a totalement changé, insiste Marcel Bérubé. Le taux de chômage dans la région de Québec est à 4,1 %. De graves pénuries affectent plusieurs métiers et professions. La main-d'oeuvre, en général, se raréfie.
Les stratégies de recrutement de personnel connaissent une véritable révolution, fait remarquer M. Bérubé, qui copréside la Foire de l'emploi en compagnie de la présidente de la Chambre de commerce de Québec, Liliane Laverdière. C'est maintenant par l'entremise du Web et des réseaux sociaux que les employeurs cherchent à attirer les meilleurs talents.
Le jumelage de la Foire de l'emploi et du Salon Éducation Emploi - qui se tient à l'automne et qui est fortement fréquenté par les jeunes des écoles secondaires - permettrait, selon M. Bérubé, de raffermir les liens entre les maisons d'enseignement et les entreprises afin que la formation donnée soit au diapason avec les besoins des employeurs.
Ces derniers pourraient du même coup profiter d'un nouveau forum pour se faire connaître auprès de la jeune génération.











