La nouvelle étude des économistes de Desjardins place le Québec parmi les derniers de classe dans le monde pour le poids de sa dette publique. Avec une dette atteignant 94 % de son produit intérieur brut (PIB), le Québec ne serait devancé que par le Japon, l'Italie, la Grèce et l'Islande au sein de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).
Au Canada, le Québec ferait même pire, se classant au dernier rang des provinces avec le ratio de la dette brute sur le PIB le plus élevé au pays. Cette performance n'est pas sans conséquence, notent les auteurs de l'étude. En 2009-2010, le service de la dette devrait accaparer 10 % de tous les revenus budgétaires, soit 6,2 milliards $ ou l'équivalent des «dépenses totales de 14 des 22 ministères du gouvernement.» De plus, selon le ministère des Finances, le service de la dette pourrait continuer à croître pour atteindre 9,8 milliards $ en 2013-2014. Le Québec se placerait donc en situation de vulnérabilité par rapport aux fluctuations des taux d'intérêt. La situation pourrait d'ailleurs rapidement se détériorer «si, en réponse à une hausse des taux d'intérêt, le déficit augmente considérablement, accélérant ainsi l'endettement.»
De plus, le Québec doit composer avec une cote de crédit moins reluisante que celle de 6 des 10 provinces canadiennes. «Ainsi, les cotes plus basses accordées au Québec expliquent les taux d'intérêt supérieurs en vigueur sur sa dette.»
Finalement, l'étude de Desjardins note qu'en raison du vieillissement de la population et du déclin possible du nombre de travailleurs, la progression des recettes fiscales pourrait ralentir en même temps que le poids des dépenses en santé continuera à croître. Dette nette versus dette brute. Il est a noter qu'aux fins de comparaison avec les autres pays de l'OCDE, les économistes de Desjardins ont retenu la notion de dette brute, bien que «la mesure de la dette nette donne habituellement une meilleure indication de l'ampleur réelle de l'endettement d'une province.»
De plus, la part de la dette du gouvernement du Canada attribuable au Québec selon son poids démographique a été ajoutée à la dette brute québécoise. Reconnaissant les limites de ces comparaisons, les auteurs de l'étude indiquent néanmoins qu'un redressement s'impose. D'abord, le gouvernement devrait viser un retour à l'équilibre budgétaire pour stabiliser la dette. Ensuite, des initiatives pour rembourser la dette devraient être entreprises «en rehaussant certains tarifs pour les rendre plus conformes aux prix du marché». Finalement, un meilleur contrôle des dépenses gouvernementales est souhaité. Le prochain budget du gouvernement Charest sera primordial à ce chapitre, à défaut de quoi, prévient-on, «cela pourrait non seulement entraver le retour à l'équilibre budgétaire, mais aussi mettre en péril nos acquis sociaux.»
Classement
Pays % du PIB
1 Japon 172,1
2 Italie 114,4
3 Grèce 102,6
4 Islande 96,3
5 Québec 94,0
6 Belgique 93,5
7 Total OCDE 78,4
8 Hongrie 77,0
9 France 75,7
10 Portugal 75,2
11 Zone euro 73,2
12 États-Unis 70,0
13 Canada 69,7
14 Allemagne 68,8
15 Autriche 66,2
16 Pays-Bas 65,8
17 Royaume-Uni 56,8
18 Norvège 56,0
19 Pologne 54,0
20 Irlande 48,5
21 Suède 47,1
22 Espagne 47,0
23 Suisse 44,0
24 Finlande 40,7
25 R, tchèque 40,7
26 Danemark 39,8
27 R, slovaque 30,8
28 Corée 26,8
29 N,-Zélande 25,
30 Luxembourg 16,3
31 Australie 14,3
32 Estonie 8,2
source : Desjardins









