Cogep a mis sur pied un logiciel de gestion de la maintenance, des inventaires et des achats, Guide TI. Et si l'entreprise reste méconnue du public, elle compte parmi ses clients de grosses pointures : Bombardier produits récréatifs, Norampac, Agropur, Saputo, Osisko, les villes de Longueuil et de Lévis, la Société immobilière du Québec, des hôpitaux. En fait, elle compte actuellement plus de 200 clients, qui utilisent son produit dans 500 emplacements différents.
«À prime abord, pour le financier, [la maintenance] fait juste coûter de l'argent, mais il n'est pas conscient que s'il n'entretient pas bien ses équipements, ils vont être moins productifs», explique Michel Fournier, associé principal et directeur général de Cogep. Les gains d'efficience et de productivité que promet l'entreprise aux utilisateurs de son logiciel auront particulièrement trouvé écho ces dernières années, alors que le contexte économique difficile a poussé les sociétés à réduire leurs coûts de production.
Le logiciel Guide TI aide à la planification et à la gestion des travaux de maintenance, que ce soit l'entretien préventif, la réparation de machinerie ou simplement pour faire savoir qu'une ampoule doit être changée.
Un exemple : si une pièce brise sur une machine, l'employé qui s'en rend compte rentre l'information dans l'ordinateur. Automatiquement, des courriels sont envoyés aux personnes concernées, comme le réparateur, la personne en charge des pièces (qui trouvera la pièce à changer) et celle qui s'occupe de l'inventaire (qui peut en commander une autre à garder en stock), explique Jean-Sébastien Roy, président de Hey Marketing, qui accompagne Cogep dans sa mise en marché.
Une technologie qui permet de gagner du temps alors que dans certaines boîtes, il pouvait se passer des heures, voire des jours, dit M. Roy, avant que l'information se rende à la bonne personne et que le problème soit réglé. Plus la machine est remise en état de marche rapidement, moins l'arrêt ou la diminution de production s'avère coûteuse pour l'entreprise. Le logiciel indique aussi quand il faut faire une inspection préventive d'une machine, pour ainsi limiter le nombre de situations d'urgence, avance le pdg de Cogep, Michel Fournier.
Dans d'autres secteurs d'activités, le logiciel peut permettre de centraliser des plaintes de citoyens ou encore de maintenir un registre précis d'un parc d'automobiles (combien de kilomètres roulés par tel véhicule, quand il faut changer l'huile ou vérifier la suspension sur telle autre voiture).
Selon M. Fournier, un des principaux atouts du logiciel demeure sa facilité d'utilisation, qui permet à des employés de terrain, et non simplement à des experts en informatique, de l'utiliser.
Un peu d'histoire...
Ancienne division de la firme ADS, Cogep devient une entité propre en 1989. Elle est alors une propriété d'ADS et d'une firme de Laval, Calculus. En 1995, Michel Fournier et son associé achètent 50 % de l'entreprise, puis l'acquièrent en totalité en 2001.
«On a eu des évolutions graduelles avec les up and down du marché, puis en 2003, [...] on a décidé de refaire le produit au complet. On avait des bonnes idées, mais une vieille technologie. On a décidé de réinvestir massivement le bas de laine accumulé», se rappelle M. Fournier. Depuis cette année charnière, 5 millions $ ont été investis en recherche et développement.
«Et ç'a remporté, notre pari d'investir dans le produit parce que depuis 2006 on a doublé le nombre de clients. Depuis 2007, on a augmenté de 400 % le chiffre d'affaires», note M. Fournier, sans toutefois vouloir préciser les revenus de l'entreprise. Des résultats attribuables à l'amélioration du produit qui a mené à des contrats de plus grande importance ainsi qu'à une nouvelle vision pour l'entreprise. À la fin de 2007, il prend en effet seul les rênes de Cogep, en raison de divergences avec son associé, dont il rachète les parts. Finalement, la percée faite dans l'industrie minière aidera aussi à gonfler le chiffre d'affaires. Cogep emploie 20 personnes à temps plein.
La ruée vers l'or
Cogep a su se tailler une place dans l'industrie minière et compte maintenant parmi ses clients des sociétés comme IAM Gold, Mines Aurizon, Consolidated Thompson et Osisko. Cette dernière détient un des plus importants gisements aurifères au pays, à Malartic, en Abitibi. Cogep intensifie maintenant ses efforts pour s'implanter dans les mines de l'Ontario et de l'Ouest canadien. «Au Québec, je pense que notre crédibilité est faite. On est numéro un. Ce qu'on veut, c'est de devenir au niveau canadien un joueur majeur, puis d'être reconnu comme un produit de classe mondiale», fait savoir le pdg, Michel Fournier.











