Si le conflit devait se prolonger, la relance qui commençait à poindre pourrait très bien être freinée, selon Daniel Ouimet, président de la Corporation des pilotes du Bas-Saint-Laurent. «C'est malheureux, ça va encore faire baisser les choses temporairement le temps que le conflit dure. Évidemment, ça va avoir un impact», soutient le président de la Corporation qui fournit des pilotes spécialisés pour les trajets entre Les Escoumins et Québec.
La crise financière de 2008 a laissé de profondes marques dans l'industrie du transport maritime, qui a connu un creux très important l'été passé. Or, le trafic a repris de façon marquée le mois dernier, selon M. Ouimet. Une constatation maintenant assombrie par un conflit dont la durée et les conséquences sont difficilement prévisibles. «C'est un mauvais moment pas seulement pour nous, pour toute l'industrie qui travaille de près ou de loin sur les navires. [...] Ça rajoute de l'inquiétude, en plus des niveaux d'eau qui ne sont pas tellement hauts en amont du fleuve, ces temps-ci», résume Daniel Ouimet.
Marché de conteneurs
La bonne nouvelle, c'est que ce ne sont pas tous les navires qui sont touchés par le lock-out, précise le président de la Corporation. Mais «il y a des pilotes qui sont en attente. [...] Il y a simplement des bateaux qui n'arrivent pas», ajoute-t-il.
Comme les installations portuaires de Montréal sont spécialisées dans le marché des porte-conteneurs, ce sont principalement ces gros cargos qui se feront absents de la voie maritime du Saint-Laurent. Cela représente de un à deux cargos par jour qui ne passeront pas devant le Château Frontenac, calcule Daniel Ouimet. Le reste du trafic maritime continue bien, assure-t-il, mais le marché des porte-conteneurs «n'est pas négligeable» et serait assez important pour causer des pertes si le conflit devait s'éterniser.
Du côté de l'administration du Port de Québec, le conflit à Montréal ne pose pas de problème particulier. Patrick Robitaille, vice-président au marketing, explique que le port de la capitale offre principalement des services complémentaires à ceux de son homologue montréalais. «Montréal est dédié aux conteneurs, alors que nous, c'est le vrac, solide et liquide. Les navires qui vont à Montréal d'habitude vont maintenant dans d'autres ports de conteneurs, principalement sur la côte est américaine», explique-t-il. «Le grand perdant dans tout ça, c'est plutôt le Saint-Laurent au complet», conclut le porte-parole.












