«Nous avons investi 15 millions $ depuis 2004. Cette année dans tous nos dossiers, ce sera entre 20 millions et 30 millions $ avec nos partenaires, y compris les quatre forages au coût de 9 millions $ avec Corridor Ressources à Anticosti», rappelle André Proulx, président de Pétrolia, une société junior basée à Rimouski et à Québec.
Six ans de patience, de persévérance et d'efforts, car dans l'exploration pétrolière, il faut du temps au temps comme il en fallu aux Terre-Neuviens.
Des experts... miniers
«Nous étions cinq personnes qui, en 2003, venaient tous du secteur minier. Notre première découverte a été Haldimand après trois forages en 2006 qui a été l'élément déclencheur. Nous avons fait le maximum d'acquisitions, acheté tous les intérêts d'Hydro-Québec à l'île d'Anticosti pour avoir sous contrôle direct et indirect 15 000 kilomètres carrés de territoire, soit 80 % de tout le potentiel pétrolier du Québec», précise André Plourde, qui considère Anticosti comme ayant probablement la zone avec le potentiel pétrolier le plus élevé sur la terre ferme.
La jeune société pétrolière est devenue en 2005 une compagnie publique.
«Il nous a fallu deux ans pour comprendre ce qu'il y avait dans la découverte d'Haldimand. Haldimand 2 a confirmé notre intuition. C'était une formation comme au Dakota, soit des dépôts d'huiles non conventionnels. Ce qui n'était pas intéressant il y a deux ou trois l'est devenu, puisque ce sont des gisements de grande quantité de production à peu de frais et qu'on n'avait pas les technologies pour l'exploiter.»
La firme Sproule Associates Limited estime que pour la seule portion de neuf kilomètres carrés retenue pour l'évaluation, la meilleure estimation du pétrole est de 69,7 millions de barils et les ressources contingentes (récupérables) s'établissent à 7,7 millions de barils.
«La présence d'un tel volume de pétrole récupérable dans cette seule structure nous laisse présager d'autres possibilités de découvertes significatives sur le territoire de la Gaspésie où Pétrolia détient de nombreux permis propices à la découverte de pétrole», souligne André Proulx.
En prévision de la mise en exploitation de Haldimand, Pétrolia s'est associée à la société française SCDM Énergie (Groupe Bouygues), qui par l'entremise de sa filiale canadienne Investcan Energy, détient 50 % des intérêts de Pétrolia et 13 permis d'exploitation, en échange d'un investissement de 15 millions $.
Investcan apporte aussi une expertise technique complémentaire pour la mise en production du champ pétrolier Haldimand. Pétrolia agira à titre d'opérateur pendant la phase d'exploration, un rôle qui sera assumé par Investcan Energy à la phase de mise en production commerciale.
Où sont les investisseurs québécois?
«C'est incompréhensible de ne pas voir la Caisse de dépôt et placement du Québec intervenir chez nous de façon plus massive. La société en commandite Sodémex - dont la Caisse de dépôt et placement est le seul actionnaire - a une petite participation chez nous importante.
«La ressource naturelle appartient aux gens du territoire, de la Gaspésie. Je suis un locataire et un développeur. Je veux écouter la population gaspésienne et assurer le meilleur retour de nos investissements dans la région. On est même prêt à aider à des démarrages d'entreprises à la hauteur de nos moyens. Beaucoup de Gaspésiens sont partis à Calgary. On veut que ces gens-là reviennent dans leur région.»
Le Québec consomme actuellement environ 400 000 barils de pétrole par jour en provenance essentiellement de la Norvège et de l'Algérie. Pétrolia veut en produire 5 % (20 000 barils) d'ici quatre ans.
«Que le pétrole vienne du Québec ou de l'extérieur, on n'arrêtera pas d'en consommer. Sauf qu'on envoie notre argent en Algérie et en Norvège au lieu de créer des emplois et de la richesse collective au Québec. Je vais rejoindre mon objectif, même si la consommation en arrivait à baisser.»






















