Deux hydroliennes à l'essai à Montréal

Christian Paradis, ministre fédéral des Ressources naturelles, et... (La Presse, André Pichette)

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Christian Paradis, ministre fédéral des Ressources naturelles, et son homologue québécois, Nathalie Normandeau, ont participé à la présentation du prototype d'hydrolienne en compagnie de Imad A. Hamad, vice-président de la firme d'ingénierie RSW.

La Presse, André Pichette

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Deux hydroliennes seront bientôt immergées dans le fleuve Saint-Laurent, à Montréal. Si les tests sont concluants, ces engins qui produisent de l'électricité avec le courant des rivières, des fleuves ou des marées pourraient alimenter en énergie les villages inuits - et les débarrasser de leurs  centrales polluantes au diesel.

Mardi, la firme d'ingénierie RSW a dévoilé les prototypes qui pourront générer chacun 250 kilowatts. L'investissement total est de 18 millions $. Ottawa et Québec en avancent 10 M $, sous for­me de subventions ou de prêts.

La mise à l'eau sera effectuée d'ici deux ou trois semaines, près du pont de la Concorde.

La base pour les installer est prête; le câble sous-fluvial pour le raccordement au réseau, l'est également, a signalé le porte-parole de RSW, Jacques Mercier. Des études sont conduites pour préciser les quantités d'électricité qui peuvent être produites dans le secteur de Montréal, quantités évaluées som­mairement à 40 mégawatts. Le potentiel pour l'ensemble du Québec serait de l'ordre de 1000 MW.

L'intérêt est cependant ailleurs. L'objectif est de donner accès à de l'énergie propre aux communautés nordiques.

En entrevue au Soleil, la ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau a souligné que la dizaine de villages inuits s'en remettent à des centrales thermiques. Des installations «très coûteuses et très pollu­an­tes», a-t-elle précisé.

Après Montréal, a poursuivi la ministre québécoise, des «tests en conditions réelles» seront menés dans un avenir proche à Ivujivik, un village pratiquement perché sur la pointe septentrionale du Québec. La députée-ministre de Bonaventure s'est réjouie de l'ouverture d'une toute nouvelle filière énergétique au Québec. D'autant plus, a-t-elle souligné, que le modèle a été mis au point par une entreprise québécoise, avec un contenu québécois à plus de 80 %. «Nous visons à ce que les hydroliennes soient aussi rentables que les éoliennes», a mentionné Jacques Mercier. Le porte-parole de la firme d'ingénierie a noté certains avantages.

Alors que les turbines immergées dans les cours d'eau tournent «jour et nuit», les éoliennes ont un facteur d'utilisation de 33 %, tandis que les panneaux solaires ne produisent évidemment pas d'électricité la nuit.

Il a rappelé que les éoliennes ont un effet sur le paysage, ce qui génère certaines critiques. Selon lui, les hydroliennes ne menacent pas les poissons.

Autre joueur

RSW n'est pas seul à vouloir tester ce nouveau créneau. Sabella Énergie, qui appartient à des intérêts québécois et européens, a fait part de son intention d'expérimenter son propre modèle, a confirmé la ministre.

Le pdg de la compagnie, Marcel Boridy, a avancé qu'un prototype devrait être mis à l'eau dans le chenal Le Moyne, près de Montréal, dès l'an prochain, un projet de 2,5 millions $.

Depuis une dizaine d'années, des projets pilotes avec des hydroliennes ont été entrepris dans plusieurs pays.


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