Le responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes ne voit pas d'un mauvais oeil le partenariat envisagé par les deux provinces maritimes qui veulent ajouter 500 mégawatts à leur actuelle capacité d'échange. Une façon de mieux s'ouvrir au marché de la Nouvelle-Angleterre, a dit le premier ministre néo-brunswickois, Shawn Graham, la semaine dernière.
«N'importe qui peut vendre de l'énergie aux Américains, a réagi mercredi le ministre provincial. Ce qui compte, c'est que les gens suivent les règles. Et la règle, pour nous, c'est que quand on construit une ligne, ce sont les sociétés d'État qui paient. Pas le gouvernement fédéral.»
Le ministre Béchard se méfie «beaucoup plus» d'une tentative d'obtenir du financement d'Ottawa - alors que le Québec a payé pour ses lignes - que d'un compétiteur dans la vente d'électricité au nord-est des États-Unis.
«La condition sine qua non, c'est qu'on ne veut pas voir le fédéral mettre une cenne là-dedans parce que ce n'est pas de ses affaires, prévient le ministre Béchard. Il pourrait mettre l'argent pour régler des dossiers comme l'harmonisation de la TPS et de la TVQ. Mais il n'a pas d'affaire dans la construction de lignes.»
Le ministre québécois demeure perplexe par rapport à certaines annonces fédérales à partir de son Fonds pour l'énergie propre de 795 millions $ sur cinq ans. «Il ne faut pas que ce soit un outil pour mettre de l'argent et, indirectement, financer la construction de lignes», dit M. Béchard. Vendredi dernier, 32 millions $ de ce fonds ont été annoncés pour un «réseau intelligent de gestion de l'acheminement d'électricité vers diverses collectivités de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick».
Sur des oeufs
Le gouvernement Charest marche par ailleurs sur des oeufs dans le dossier du gisement pétrolier Old Harry, à 80 km des Îles-de-la-Madeleine, qui contiendrait des centaines de millions de barils de pétrole. «C'est un dossier qui a traîné, reconnaît le ministre Béchard. Il y a eu des problèmes de négociateurs. Sauf qu'il faut un règlement où tout le monde trouve son compte et qui n'a pas d'impact sur l'intégrité territoriale.»
Un conflit frontalier oppose le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador dans le golfe. La ministre des Ressources naturelles terre-neuvienne, Kathy Dunderdale, ne reconnaît pas la ligne de démarcation datant de 1964 - réaffirmée par un tribunal d'arbitrage en 2002 - et elle se donne 10 ans pour établir un plan d'exploitation du gisement Old Harry. Une licence d'exploitation a d'ailleurs été délivrée au groupe de prospecteurs pétroliers Corridor Resources.
«Il ne faut pas non plus que de l'autre côté, sans entente ou règlement plus global, que Terre-Neuve ou d'autres commencent à faire de l'exploitation, prévient M. Béchard. [...] Il faut être extrêmement prudent. Il y a des enjeux très importants au niveau juridique et territorial. C'est un peu le rôle du gouvernement fédéral de sensibiliser Terre-Neuve à ces impacts-là.»












