Le CN a refroidi les ardeurs de l'organisme Développement PME Chaudière-Appalaches et d'un comité d'industriels qui fait la promotion d'un tel équipement pour les entreprises des régions de la Chaudière-Appalaches, de la Capitale-Nationale et du Bas-Saint-Laurent. «Pour le moment, les conditions économiques ne permettent pas de justifier que la compagnie investisse dans l'aménagement d'un terminal intermodal dans la cour de triage Joffre», a indiqué Julie Senécal, porte-parole du CN pour le Québec et les Maritimes.
Lorsque Développement PME Chaudière-Appalaches a amorcé, en 2007, ses démarches auprès
du CN, la compagnie lui avait signalé qu'il fallait réaliser au moins 10 000 mouvements de réception et d'expédition par année pour que le projet soit rentable.
Or, une enquête effectuée par Développement PME Chaudière-Appalaches auprès de 262 entreprises a démontré que ce volume était atteignable. «Et nous n'avons même pas sondé les grandes entreprises de distribution, comme Canadian Tire, qui livrent de la marchandise par camion à partir de Toronto», précise le président du comité d'industriels, Martin Chouinard. Ce dernier a été à la tête de Teknion Roy & Breton, un fabricant d'ameublement de bureau de Lévis qui vend 80 % de sa production à l'extérieur du Québec.
«Il semblerait que les promoteurs seraient en mesure de rencontrer les 10 000 mouvements. Cependant, il faut tenir compte que les conditions économiques sont changées. Ce volume-là est maintenant insuffisant», signale Julie Senécal.
De l'avis de Martin Chouinard, des 46 000 mouvements identifiés lors de l'enquête, «pas moins de
34 000 d'entre eux pourraient potentiellement être faits par train».
Cependant, il dit comprendre le raisonnement économique du CN.
«Il n'y a pas si longtemps encore, il y avait deux trains par jour qui partaient d'Halifax pour se rendre à Montréal. En passant, ils arrêtaient à Charny. Pour des raisons financières - les deux trains n'étaient remplis qu'à moitié -, le CN a choisi de mettre en opération un seul train par jour. Il est plein et il n'arrête plus à Charny», raconte M. Chouinard, en promettant que son comité d'industriels reviendra à la charge auprès du CN.
Par ailleurs, il ne s'offusque pas qu'un terminal intermodal soit déjà en opération à Québec dans la cour de triage Henri-IV. «J'espère que beaucoup d'entreprises utiliseront ce service de transport intermodal. Ça va prouver que le besoin est bel et bien existant.»
Selon les travaux menés par Développement PME Chaudière-Appalaches en collaboration avec le CN, une utilisation judicieuse de l'intermodalité permettrait aux entreprises d'économiser de 50 $ à 100 $ par voyage pour expédier de la marchandise à Toronto. Pour une destination vers la région de Chicago, l'économie se situe entre 600 $ et 800 $. Et pour l'Ouest canadien et la Californie, l'économie serait de l'ordre de 2000 $.











