Directrice de l'entrepreneuriat technologique chez PÔLE Québec Chaudière-Appalaches, Isabelle Genest constate que la région de Québec représente un «écosystème» fertile pour la pousse de nouvelles entreprises technologiques.
Au dernier décompte, il y avait 240 entreprises dans le secteur des technologies de l'information et des communications (TIC) qui fournissaient un gagne-pain à 6300 personnes.
Secteurs en hausse
Dans le secteur des logiciels, le nombre d'emplois a grimpé de 22 % entre 2002 et 2006. Dans celui des services informatiques, la hausse a été de 16 %.
Selon TechnoCompétences, le comité sectoriel de la main-d'oeuvre en TIC, la tendance se poursuivra au cours des prochaines années. Les données compilées par l'organisme à partir des chiffres de Statistique Canada montrent que l'emploi progressera de 1,4 % par année dans le secteur des TIC d'ici 2013. Pour l'ensemble des professions au Québec, la croissance de l'emploi sera de l'ordre de 0,7 %.
«L'emploi dans le secteur des TIC à Québec est toujours aussi vigoureux», signale la directrice générale de TechnoCompétences, Sylvie Gagnon. «Des entreprises dans les domaines de la géomatique et de la sécurité informatique connaissent une belle période de prospérité.»
Selon Isabelle Genest, ce dynamisme fait titiller la fibre entrepreneuriale des gens. «C'est fou le nombre de médecins qui m'appellent pour me dire qu'ils ont fait une trouvaille et qu'ils seraient intéressés à la commercialiser.»
Au Centre local de développement de Québec, le nombre de projets soumis par des entrepreneurs en vue de l'obtention d'un coup de pouce financier est passé de 69 à 85 de 2007 à 2009.
Entre avoir une idée, fonder une entreprise et réaliser les premières ventes, il y a un monde à franchir. Et des billets verts à récolter. Beaucoup de billets verts.
«Nos entreprises sont très créatives», souligne Jean-Philippe Bonneau, directeur général de la Voix des entrepreneurs en TI de Québec (VETIQ). «C'est au moment de la commercialisation que la situation se complique.»
L'explosion de la bulle technologique au début des années 2000 et la crise financière ont refroidi les ardeurs des investisseurs à l'égard des entreprises naissantes du secteur des TIC.
En 2009, des 431 millions $ investis en capital de risque au Québec, 233 millions $ ont été dirigés vers des entreprises affrontant les stades avancés de leur développement. Seulement 7 millions $ ont été destinés à des entreprises en prédémarrage. Coordonnateur de la Table des technologies de l'information à la Chambre de commerce de Québec, Martin Gougeon signale que les sources de financement se sont taries, notamment depuis que le gouvernement a réduit à sa plus simple expression le pouvoir d'intervention la société de capital de risque Innovatech Québec.
Pour aider les entreprises qui se préparent à affronter l'étape turbulente de la commercialisation, PÔLE Québec Chaudière-Appalaches a mis sur pied le programme de croissance accélérée Propulsion.
«L'idée est de sélectionner des jeunes entreprises performantes, remplies de potentiel et attirées par l'idée de brasser des affaires à l'international et de faire grimper leur chiffre d'affaires le plus haut possible et plus rapidement possible», explique Isabelle Genest, directrice de l'entrepreneuriat technologique chez PÔLE Québec Chaudière-Appalaches.
Six entreprises dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 250 000 $ - Admetric, Humanob, Petal Développement, Britelynx, Robotiq et Techmed 3D - bénéficieront au cours des quatre prochains mois d'une formation stratégique de haut niveau qui devrait leur permettre d'affronter les défis liés à la commercialisation de leurs produits.
D'une valeur d'environ 50 000 $, cette formation les conduira notamment à Boston, où les entreprises auront l'occasion de séduire des investisseurs américains. «Nous croyons qu'en soutenant intelligemment nos entreprises en prédémarrage ou en précommercialisation, nous finirons par voir émerger d'autres EXFO», affirme Mme Genest.













