Marché de l'habitation dans la région de Québec: le vendeur est roi

Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Le marché de l'habitation dans la région de Québec est carrément à l'avantage des vendeurs, rend compte la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), qui procédait mardi à la mise à jour trimestrielle de ses prévisions pour l'année 2010.

Selon Elisabeth Koulouris, analyste principale de marché pour la région de Québec à la SCHL, il y a moins de cinq propriétés à vendre pour chaque acheteur de maison. «Il s'agit d'un marché qui est nettement à l'avantage des vendeurs», explique-t-elle en entrevue au Soleil.

«Pour que le marché soit parfaitement équilibré, il faut que le ratio soit d'environ 8 à 10 propriétés à vendre par acheteur. Or, ce ratio se situe aujourd'hui à 4,7 maisons par acheteur dans la région de Québec.»

Le marché de la vente de propriétés existantes s'en trouve évidemment affecté. Au deuxième trimestre de 2010, la SCHL a enregistré une baisse de 16 % du nombre de transactions.

«L'offre de propriétés sur le marché étant limitée pour les acheteurs, ces derniers se tournent vers la construction neuve», a indiqué l'analyste principale en soulignant qu'il en coûtait plus cher de se faire construire une nouvelle résidence que d'en choisir une dans le marché existant.

En effet, le prix moyen d'une maison individuelle neuve dans la région de Québec se situe à 315 000 $. Il devrait atteindre 330 000 $ en 2011. Quant au prix moyen de revente, il est de 232 000 $.

Pour les six premiers mois de 2010, tout près de 1200 maisons individuelles ont été mises en chantier dans la région de Québec, soit 200 de plus qu'au premier semestre de l'année dernière.

Pour l'année en cours, la SCHL prévoit que 1800 maisons individuelles devraient lever de terre. L'effet de devancement suscité par des conditions d'emprunt favorables devrait s'estomper un peu.

«Ça faisait déjà cinq ans que l'on enregistrait des baisses du côté de la construction de maisons individuelles. Ce nombre était passé de 2528 en 2005 à 1746 en 2009. Nous prévoyons donc une légère hausse pour 2010», a précisé Mme Koulouris.

Logements locatifs

Avec un taux d'inoccupation famélique de 0,4 %, le marché du logement locatif dans la région de Québec demeure le plus serré à l'échelle canadienne, a-t-elle souligné. «Nous nous attendons à ce que les conditions du marché viennent stimuler la construction de logements locatifs.»

Par ailleurs, dans le sous segment des résidences pour les personnes âgées, la situation est tout autre. Entre 2007 et 2008, les habitations de ce type ont poussé comme des champignons. Il y a donc beaucoup de logements disponibles, comme en témoigne un taux d'inoccupation de 8,1 %.

La vigueur de l'économie régionale explique pourquoi il y devrait y avoir globalement 5900 mises en chantier en tout et partout dans la région de Québec en 2010, soit 7 % de plus qu'en 2009.

«Le marché de l'emploi se porte bien. Nous avons dépassé le cap des 400 000 emplois en juillet dernier», a fait remarquer Mme Koulouris.

Cette bonne santé économique attire son lot de nouvelles personnes provenant des autres régions du Québec ou encore de l'extérieur de la province. Évidemment, l'arrivée de ces nouveaux travailleurs suscite une demande du côté du marché de l'habitation.

En 2008, la région a enregistré un solde migratoire de 5533 personnes. Les données de 2009 ne sont pas encore connues, mais les experts prévoient des résultats semblables à ceux de 2008. Et pour l'année en cours, un afflux migratoire de 6000 individus est attendu.


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