Quand Marc Lachance a mis la main sur le terrain de 23 hectares (2,5 millions de pieds carrés) situé en bordure du plan d'eau, en 1997, la subdivision était «une des hypothèses envisageables». Approchant l'âge de la retraite, l'homme se prépare à foncer. Il planche, avec l'aide de professionnels, sur un plan d'aménagement où maisons unifamiliales, maisons en rangée et condominiums pourraient se côtoyer.
Au total, on parle de 100 à 200 unités de logement. L'architecture sera soignée, promet le promoteur, et l'environnement, respecté. «Je veux laisser quelque chose de permanent qui va être beau.»
Les premiers travaux, dans le secteur du camping, pourraient commencer à l'automne 2011. Mais il faudra 5 à 10 ans pour que l'ensemble du projet immobilier ne soit complété. «On ne fermera pas la plage du jour au lendemain», insiste M. Lachance.
Environ 60 000 personnes profitent du lac Saint-Joseph à cet endroit stratégique chaque année. Le camping accueille surtout des vacanciers de la région de Montréal - il n'y a pas de forfait saisonnier -, tandis que les baigneurs proviennent surtout de la région de Québec. Marc Lachance estime que ceux-ci pourront être redirigés vers d'autres plages, comme celle de la station touristique Duchesnay ou encore de la Baie de Beauport.
Actuellement, le zonage dans le secteur de la plage du lac Saint-Joseph permet la tenue d'activités récréatives et commerciales, mais la Ville de Fossambault-sur-le-Lac est disposée à faire les modifications nécessaires pour accommoder le promoteur. «Pour nous, c'est un secteur prioritaire [de développement]», confirme le maire Jean Laliberté, car il est raccordé aux réseaux d'aqueduc et d'égout.
Calcul avantageux
Le projet est-il avantageux pour la municipalité? «Faites le calcul, madame. C'est évident», répond le maire.
En plus de réduire la circulation pendant la période estivale, le développement résidentiel va augmenter significativement les revenus de taxes, explique-t-il. Beaucoup d'argent a été investi dans les infrastructures ces dernières années et Fossambault voudrait bien renflouer ses coffres sans trop alourdir le compte de taxes de ses citoyens.
Le maire Laliberté n'a pas l'intention de se laisser attendrir par les visiteurs déçus de perdre le dernier accès public au vaste plan d'eau. «On doit gouverner la ville en fonction de nos résidants», martèle-t-il.
N'empêche, tous les vacanciers rencontrés sur place mercredi après-midi, en pleine canicule, ont déploré la perte d'une oasis de fraîcheur à proximité de la ville. «C'est bien dommage, car c'est la seule plage potable dans la région immédiate de Québec. Pour les enfants, c'est super-accessible», témoignait Blandine Clerget, venue de Lac-Beauport pour profiter du lac.
Rénald Gingras, un résidant de Val-Bélair, en était à sa deuxième visite cette semaine. «On a de la misère à se garder des places vertes» dans la région de Québec, déplore-t-il. Les abords du fleuve, il veut bien, mais pas pour la baignade. «Ce n'est pas propre comme ici», fait-il remarquer.











