Selon une enquête sur la planification de la rémunération réalisée par la firme Mercer auprès de plus de 600 sociétés canadiennes - dont 13 % ont leur siège social au Québec - qui fournissent un gagne-pain à plus de 845 000 travailleurs non syndiqués, ces derniers peuvent s'attendre à empocher une augmentation moyenne de salaire de base de 2,9 % en 2011. Ces majorations avaient été de 2,7 % l'an dernier.
Autre signe que l'économie a repris de la vigueur, l'option du gel salarial n'a plus la cote chez les employeurs.
À peine 2 % des entreprises canadiennes ont l'intention de geler les salaires de leur personnel. Toute une différence avec l'année 2009 alors qu'en pleine tourmente financière, 31 % des entreprises avaient bloqué les salaires de leurs employés. L'an dernier, 6 % des employeurs avaient adopté cette mesure.
Jeudi, à l'occasion d'un petit-déjeuner, la conseillère principale en capital humain chez Mercer, Marie-Christine Piron, a rencontré des responsables des ressources humaines d'entreprises de Québec pour leur faire part des résultats de l'enquête. Elle a signalé qu'il y avait très peu de variations entre les pourcentages d'augmentation prévus pour les différentes régions. Au Québec, la hausse prévue est de 2,7 %. Elle est de 2,9 % en Alberta.
Les secteurs du pétrole et du gaz (3,4 %) et des produits pharmaceutiques et de la biotechnologie (3,2 %) alloueront les hausses les plus élevées. En queue de peloton, Mme Piron a identifié le secteur de la finance, des banques et des investissements (2,8 %) et celui du commerce de gros et de détail (2,7 %).
Pareil pour les dirigeants
Si, par le passé, les hauts dirigeants recevaient plus que leur part du gâteau, ce n'est plus le cas. Les cadres supérieurs empocheront en 2011 des augmentations alignées sur celles des autres catégories de travailleurs, a précisé la conseillère principale.
Selon elle, les entreprises ne sont nullement en mode compression. À peine 3 % d'entre elles envisagent de faire des réductions de personnel au cours de la prochaine année. Trois employeurs sur 10 prévoyaient, au contraire, embaucher de nouvelles ressources. Par ailleurs, les entreprises s'attendent à devoir composer avec une hausse de 50 % du nombre de départs volontaires en raison principalement du vieillissement des troupes.
En prévoyant que les employeurs allaient accorder des majorations salariales de 2,9 % en 2011, l'enquête de Mercer rejoint les analyses d'Aon Conseil et de Morneau Sobeco - deux autres firmes de services-conseils en ressources humaines -, qui soutiennent que les augmentations salariales devraient se situer entre 2,5 % et 2,7 % au cours de la prochaine année.
Les données compilées par Mercer se limitent aux entreprises non syndiquées. Les chiffres du ministère du Travail du Québec, qui prennent en compte tous les employés syndiqués, montrent pour leur part que les augmentations prévues aux conventions collectives sont de 2,3 % dans le secteur privé et de 2,2 % dans l'ensemble du secteur public (municipal, provincial et fédéral).
Pour ce qui est des employés de la fonction publique québécoise et des réseaux de la santé et de l'éducation, la récente entente intervenue avec le gouvernement Charest prévoit une hausse de 0,75 % en 2011.











