La conseillère principale en capital humain chez Mercer, Marie-Christine Piron, a fait connaître hier à des entreprises de Québec les résultats de l'enquête réalisée par la firme auprès de 600 sociétés canadiennes.
Le soleil, Jean-Marie Villeneuve
Segmenter et récompenser les employés selon la valeur qu'ils créent pour l'entreprise, voilà la nouvelle tendance chez les employeurs, rend compte Marie-Christine Piron, conseillère principale en capital humain chez Mercer.
«Il y a une volonté grandissante, chez les employeurs, de différencier le rendement de leurs employés et de récompenser, tant en termes d'augmentations salariales et de bonis, ceux qui ont un rendement exceptionnel», a expliqué Mme Piron.
La récompense de la performance peut également permettre aux jeunes de gravir plus rapidement l'échelle salariale et de gratifier les vétérans bloqués au sommet de l'échelle.
«Pour les employeurs, a poursuivi Mme Piron, la reconnaissance des employés performants est importante afin d'éviter de miner leur motivation, de nuire à leur productivité et éventuellement de les perdre aux mains de la concurrence, surtout si le rendement des employés moins performants est toléré et récompensé de la même façon pour tous.»
Ainsi, selon le sondage réalisé par Mercer, les employés qui répondent aux attentes fixées par leur patron devraient avoir des augmentations de 2,9 %, soit la moyenne nationale prévue pour 2011. «Ceux qui ont une très faible performance devraient toucher des majorations de 0,6 %. Et ceux qui ont une performance très élevée devraient avoir des hausses frôlant 5 %.»
Bonis versés
Cette différenciation se traduit également dans les bonis versés aux travailleurs. «Pour 2011, les employeurs prévoient que les travailleurs qui ont un rendement très élevé vont avoir des bonis de trois à cinq fois plus élevés qu'un collègue moins performant.»
L'application d'une mesure aussi «drastique», surtout pour ceux qui ne répondent pas aux attentes, ne se fait pas sans heurts.
«On l'a fait chez nous et ça n'a pas été facile à gérer», a témoigné une responsable des ressources humaines d'une entreprise de Québec qui participait au petit-déjeuner organisé par Mercer.
«Des employés n'ont obtenu aucune augmentation. Il y a eu beaucoup d'insatisfaction. Nous n'avions pas le choix compte tenu que le budget que nous disposions n'était pas très élevé et que nous ne voulons pas perdre nos meilleurs éléments. Il fallait leur en donner plus qu'aux autres.»











