Les employés de la papetière continuent de voir cette fermeture temporaire comme un «lock-out déguisé».

Fermeture de Papiers White Birch: les ex-employés en furie

Les employés de la papetière continuent de voir... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Les employés de la papetière continuent de voir cette fermeture temporaire comme un «lock-out déguisé».

Le Soleil, Yan Doublet

 

Marie-Pier Duplessis
Le Soleil

(Québec) «Salarié, je n'ai jamais voulu devenir ton créancier. Où est mon cash

La colère plus que la tristesse était au rendez-vous chez les quelques centaines de travailleurs et ex-travailleurs venus manifester en face de l'usine Stadacona de Papiers White Birch, alors que les machines de la papetière fondée en 1927 ont arrêté de fonctionner en fin d'après-midi vendredi.

Au même moment où les employés protestaient contre la fermeture temporaire, qu'ils continuent de percevoir comme un «lock-out déguisé», le juge Robert Mongeon a rejeté la requête du syndicat en statuant que l'entreprise se trouve dans un contexte de restructuration économique.

Cette décision de la Cour supérieure était le dernier espoir sur lequel s'accrochaient les travailleurs pour éviter l'arrêt des opérations de l'usine ou, du moins, pouvoir négocier d'égal à égal avec l'employeur. Or, le jugement n'a pas été en leur faveur.

«Ce moulin-là ne devrait pas arrêter. M. Brant, c'est un voleur [...] Il veut fermer pour faire monter le prix du papier», s'insurge Simon Chabot, un employé affecté à l'expédition, qui ne conçoit pas que l'entreprise puisse connaître des difficultés économiques.

«Je ne comprends pas pourquoi Ernst & Young est allée dire que l'usine était finie. C'est des enveloppes brunes, ça c'est certain. Ils ont dit que l'usine était désuète, alors que des millions ont été investis», dit-il, en ajoutant que même si la demande du papier connaît une baisse en Amérique du Nord, de nouveaux marchés sont en train d'émerger, principalement en Asie. «Le carnet de commandes était plein jusqu'en mars. Des nouveaux clients, il y en a eu encore hier [jeudi]», tonne-t-il.

Régime de retraite

Les travailleurs en veulent au propriétaire américain Peter Brant, qui veut vendre sa compagnie placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers en faisant fi du 300 millions $ qu'il doit au régime de retraite. La conséquence serait la perte d'environ 40 à 50 % des rentes des employés et des retraités.

Même si le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, se dit prêt à collaborer avec le syndicat pour sauver le fonds de retraite, certains ouvriers ont déploré le manque de volonté du gouvernement.

«Je trouve ça déplorable que le gouvernement ne mette pas ses culottes devant des compagnies qui viennent saisir nos emplois et voler nos vies et qu'ils ne sont pas capables de créer une loi qui pourrait les empêcher de faire ça [...] Je comprends que l'économie va mal et qu'il faut qu'ils aident les compagnies sous la protection de la faillite, mais ça en est devenu une mode, la protection de la faillite! C'est un vrai problème de société», déplore André Gariépy.

Labeaume ambivalent

Le maire de Québec, Régis Labeaume, sympathise avec les travailleurs de Papiers White Birch jetés à la rue pour une durée indéterminée, mais refuse tout de même de rencontrer le syndicat qui implore son aide politique. «C'est extrêmement malheureux pour les travailleurs, leurs familles et les retraités de cette entreprise à quelques jours de Noël», a-t-il souligné. M. Labeaume dit être en contact avec le ministre Sam Hamad et suivre le dossier avec attention.

Or, en pleine manifestation hier après-midi, le vice-président québécois du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ), Renaud Gagné, a annoncé que le maire avait clairement décliné, par courriel, l'invitation des représentants syndicaux qui souhaitaient discuter avec lui.

Déçu, le porte-parole régional Daniel Larouche ne compte pas jeter l'éponge pour autant. «Écoutez, on va le relancer la semaine prochaine. Je ne dis pas qu'il ne travaillera pas pour l'usine, mais la seule chose que je sais, c'est qu'il a refusé notre demande pour le rencontrer», a-t-il commenté. Avec Pierre Couture

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la liste:248:liste;la boite:268:box

En vedette

  • Cirque du Soleil

    Courez la chance d'assister au nouveau spectacle du cirque du soleil Amaluna»

  • Dr Smog

    Courez la chance de gagner une des 30 copies dédicacées par l'auteur. »

  • Auto

    Avant de choisir, visitez notre section Auto. »

Précédent

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Les plus populaires sur Auto

image title
Fermer