«En partant, un exercice de retrait n'est jamais un exercice populaire et personne ne va l'applaudir. Cependant, personne n'a été malade à cause de la bactérie Listeria monocytogenes après cette date», a déclaré le ministre en marge de la conférence de presse où il présentait les investissements de 8,4 millions $ dans le secteur des fromages fins.
«La première chose dont il fallait s'occuper, c'est l'impact sur la santé et la sécurité. Si on ne peut pas assurer ça, il n'y en aura plus, d'industrie! Quarante-cinq personnes ont été en contact avec des produits contaminés. Il fallait agir rapidement», a-t-il poursuivi.
«On ne joue pas à la roulette russe en alimentation. L'industrie alimentaire ne doit pas tolérer le doute concernant les produits coupés et en contact avec d'autres en raison de la possibilité de contamination croisée», ajoute le ministre.
Destruction des produits
Il s'est aussi défendu d'avoir réagi exagérément à la crise comme le lui reprochaient certains détaillants et a défendu sa politique de destruction des fromages rappelés. «Tout produit rappelé doit être détruit pour ne plus jamais se retrouver en étalage. Il n'y aura pas de vente de fin d'année sur les produits rappelés! En mangeriez-vous?» a questionné le ministre.
Le ministre a expliqué que son plan prévoyait des investissements de 2,7 millions $ cette année, 3,7 millions $ l'an prochain et 2 millions $ en 2010 et qu'il était ciblé sur 90 entreprises fromagères artisanales qui produisent 20 % des fromages du Québec.
La plus grande part de cette somme, soit 4,3 millions $, sera consacrée à la bonification des programmes de contrôle et d'assurance-qualité. Un million de dollars sera consacré au rehaussement de la sécurité et pour assurer une inspection mensuelle de chaque usine.
Un guide des bonnes pratiques sera également implanté dans les commerces de détail et un programme de prêt sans intérêt sera instauré en collaboration avec la Financière agricole du Québec pour les entreprises qui ont vécu des difficultés durant la crise.
«On met immédiatement à la disposition des 90 entreprises qui produisent cinq millions de litres et moins 11,5 millions $ en liquidités avec un maximum de 250 000 $ par entreprise. Le gouvernement en supportera les intérêts pendant un an», explique le ministre.
Pas de compensation
Les détaillants touchés par la crise ne recevront aucune compensation pour les fromages détruits mais bénéficieront d'un fonds de 1 950 000 $ pour la mise en valeur des fromages du Québec qui inclut un remboursement pouvant aller jusqu'à 50 000 $ par entreprise pour l'achat de fromages québécois jusqu'au 31 décembre.
«Notre industrie fromagère représente 2,6 milliards en valeur de ventes. Elle a beaucoup d'avenir et est capable de croître rapidement. Avec ce plan, nous nous assurons qu'elle croîtra longtemps», a conclu le minis-tre Lessard.











