Les producteurs de lait du Québec vantent les mérites du système canadien de gestion de l'offre

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Les producteurs de lait du Québec vantent les mérites du système canadien de gestion de l\'offre

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Selon les producteurs, les consommateurs paient leur lait trop cher et seraient mieux servis par le libre marché.

Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Les producteurs laitiers du Québec entendent profiter de la récession mondiale pour mettre de l'avant les bienfaits du système canadien de gestion de l'offre, qui «ne passe pas auprès de l'establishment économique».

Le constat est celui de Marcel Groleau, président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, qui parle d'une «barrière qu'on n'a pas réussi à franchir». Plusieurs groupes de réflexion de droite plaident en effet pour l'abolition des quotas de production et des droits de douane qui freinent l'entrée au pays de produits laitiers de l'étranger. Selon eux, les consommateurs paient leur lait trop cher et seraient mieux servis par le libre marché.

Traditionnellement, les lobbys agricoles ont cherché l'appui des politiciens envers le système de gestion de l'offre, qui garantit des prix plus stables tant aux producteurs qu'aux consommateurs. La crise économique donne un second souffle à leurs arguments économiques et pourrait leur valoir de nouvelles amitiés, estime M. Groleau. «Avec les interventions que les gouvernements ont faites pour maintenir le système financier, de ne pas être obligés d'intervenir pour soutenir en plus le secteur agricole, c'est une bonne nouvelle», disait-il mercredi à 150 délégués réunis en assemblée générale à Québec.

Si elles n'ont pas profité de l'envolée des prix du lait sur les marchés mondiaux, l'année dernière, les 6601 fermes laitières du Québec ont aussi été épargnées par le repli monumental des cours de l'or blanc, l'automne dernier. Leurs revenus sont demeurés stables à 2,1 milliards $. «C'est de l'argent qui est réinvesti presque entièrement dans les régions», fait remarquer M. Groleau.

Le leader syndical croit que l'Organisation mondiale du commerce, qui cherche à faire tomber toutes les frontières en matière d'agriculture, «fait fausse route» et doit désormais considérer la crise alimentaire et l'environnement comme faisant partie de l'équation économique.

100 % environnemental

La gestion de l'offre, selon lui, «c'est 100 % environnemental». «On produit localement et on produit en fonction d'un marché mesuré. On ne dépense pas d'énergie inutilement, les prix se maintiennent et on fait de la qualité», fait valoir Marcel Groleau, qui est à la recherche d'alliés hors de la sphère agricole pour faire cause commune devant les tenants de «l'économie à tout prix».

 

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