C'est un investissement de 192 millions $ sur cinq ans que les gouvernements du Canada et du Québec ont confirmé hier par la voix de leurs représentants à l'Agriculture. Le fédéral assume 60 % de la facture et le provincial, 40 %.
Si on exclut les programmes déjà existants, ce sont 44 nouveaux millions $ qui sont mis à la disposition des agriculteurs.
Ceux-ci pourront les utiliser pour des services-conseils en gestion et en commercialisation, des projets de recherche appliquée, la mise sur pied de systèmes de salubrité alimentaire et l'amélioration de la traçabilité, entre autres. La part du lion, soit 85 millions $, va toutefois au programme Prime-Vert, qui subventionne la mise à niveau des entreprises agricoles aux normes environnementales.
Le ministre québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard, s'est réjoui que la nouvelle mouture de la politique agricole canadienne «corresponde mieux aux priorités du Québec» et épargne de la «paperasse» aux agriculteurs parce que plus simple d'application.
Le ministre d'État à l'Agriculture, Jean-Pierre Blackburn, a parlé d'«un des beaux exemples de collaboration» entre le fédéral et le provincial. La nouvelle politique, baptisée Cultivons l'avenir mais aussi appelée «entente de Québec», a été signée en juillet dans la capitale. Elle prévoit des déboursés de 1,3 milliard $ sur cinq ans à la grandeur du pays.
Cela en plus des programmes de gestion des risques, qui protègent les revenus des agriculteurs contre les soubresauts du marché. Plus de 1 milliard $ y a été investi dans les cinq dernières années, auxquels s'ajoutent 558 millions $ en aides ponctuelles, dont la plus grosse part est allée aux producteurs de bovins entraînés malgré eux dans la crise de la vache folle.
Pour Christian Lacasse, président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), cet accord est le bienvenu, mais «il ne faut pas penser que c'est avec ça que les producteurs vont se sortir du pétrin». Il rappelle les doléances de ses membres, qui jugent que les programmes fédéraux de gestion des risques souffrent de «sous-financement chronique» alors qu'aucune amélioration n'est prévue de ce côté.
M. Lacasse souligne également que les agriculteurs du Québec devront investir 40 millions $ à la ferme pour toucher les sommes rendues disponibles par les deux paliers de gouvernements.
Dans un contexte où les revenus du marché ne couvrent souvent pas les coûts de production, cela pourrait être difficile.











