Grippe porcine: l'agriculture montre patte blanche

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Grippe A

[ Santé ]

Grippe A

Toute l'actualité sur l'éclosion de grippe d'abord appelée poricine, puis mexicaine et maintenant A (H1N1), de même que ses impacts ici et ailleurs. »

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N'entre pas qui veut dans une porcherie.

Le Soleil, Erick Labbé

Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Si la grippe porcine se répand au Québec, ce ne sera pas la faute des cochons, qui n'en sont même pas atteints. Aussi, pour éviter toute contagion par les travailleurs agricoles mexicains qui viennent passer l'été dans nos champs, deux médecins examineront tous les candidats avant leur embarquement pour le Canada.

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Il faut enfi­ler une combinaison et des couvre-chaus­sures et se laver les mains, voire prendre carrément une dou­che.

Le Soleil, Erick Labbé

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Aucun cochon n'est affecté par la souche du virus qui fait des victimes actuellement au Mexique.

Le Soleil, Erick Labbé

«Pour nous assurer que les choses se fassent correctement, il y aura deux médecins qui seront associés à l'évaluation de personnes qui veulent entrer ici au Canada. Si quoi que ce soit arrive, nous sommes capables de prendre des décisions rapides. Nous avons intérêt bien sûr à ce que nos agriculteurs puissent profiter de cette main-d'oeuvre», a expliqué hier le ministre fédéral de l'Agriculture, Jean-Pierre Blackburn, en marge d'une conférence de presse sur la nouvelle politique agricole fédérale tenue à Sainte-Croix de Lotbinière.

Plus de 3000 Mexicains viennent prêter main-forte à des centaines de fermes québécoises, principalement dans le secteur maraîcher, durant la belle saison. Ils pallient ainsi au désintérêt des travailleurs locaux pour ces emplois saisonniers et modestement rémunérés. Certains proviennent de Mexico, la capi­tale, mais la plupart sont originai­res de régions rurales. Leur arrivée s'échelonne sur plusieurs semai­nes, entre les mois d'avril et juin.

Les médecins embauchés par le gouvernement fédéral relèvent du ministère de la Santé et du Travail du Mexique. Le ministre Blackburn estime qu'ils devraient être capables d'évaluer tous les candidats avant leur départ. Les cas suspects seront refoulés.

Lui aussi de passage à Sainte-Croix, le ministre de l'Agriculture du Québec, Laurent Lessard, a spécifié qu'«une cellule de veille est ouverte». Son personnel travaille avec les médecins vétérinaires pour la détection de toute maladie suspecte et avec la Fédération des producteurs de porcs du Québec afin que les meilleures pratiques de biosécurité soient appliquées dans les porcheries. «On s'inspire de l'expérience acquise lors de la grippe aviaire», a-t-il mentionné.

Aucun porc affecté

Les représentants tant fédéraux que provinciaux ont assuré qu'aucun cochon n'est affecté par la souche du virus qui fait des victimes actuellement au Mexique. De fait, même les cochons du Mexique, qui sont interdits d'entrée au Canada en tout temps, n'en souffrent pas. «On l'appelle grippe porcine parce que la souche la plus proche se retrouve chez le porc, mais la version qui circule a été relevée seulement sur les humains et elle se propage seulement d'humain à humain», fait remarquer Sylvain Quessy, professeur à la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal.

L'expert en salubrité alimentaire estime que les producteurs de porcs sont les mieux outillés pour faire face à une éventuelle épizootie. «Ils ont le programme qualité le plus rigoureux et le plus approfondi» de toute l'industrie canadienne de la viande, dit-il.

Cela est d'autant plus vrai qu'ils ont fait face ces dernières années à un virus particulièrement virulent pour les porcelets, le syndrome de dépérissement post-sevrage, ou circo­virus, qui les a obligés à renforcer les mesures de biosécurité à la fer­me. Entre autres, n'entre pas qui veut dans une porcherie. Il faut enfi­ler une combinaison et des couvre-chaus­sures et se laver les mains, voire prendre carrément une dou­che. Les allées et venues sont inscri­tes dans un registre. Les livreurs et les commerçants qui vont de fer­me en ferme sont gardés à distance des animaux puisqu'ils sont suscep­tibles d'accélérer toute propagation.

«C'est une question de santé financière» autant que de santé publique, ré­sume Jean-Guy Vincent, président de la Fédération des producteurs de porcs, qui tient à rassurer les consommateurs sur les «normes de qualité élevées du porc du Québec». Pour l'instant, les ventes de porc n'ont pas fléchi dans les supermarchés de la province, confirme Frédéric Alberro, porte-parole du Con­seil canadien des distributeurs alimentaires. Il faut dire que l'Agence canadienne d'inspection des aliments répète depuis déjà plusieurs jours que la grippe porcine n'a aucun lien avec la consommation de viande.

Quelques pays, dont l'Indonésie, le Liban et l'Ukraine, ont tout de même jugé bon d'interdire l'importation de porcs vivants, de viande et de produits dérivés du porc canadien. D'autres, comme la Chine, ont limité leur embargo au Mexique et à certaines régions des États-Unis et d'Amérique latine.

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