«Après deux mois d'analyse, ils [les fonctionnaires] m'ont dit que ça ne faisait pas. [...] C'était pourtant une très belle opportunité de passer un message à des "influenceurs", de sensibiliser la clientèle corporative à l'importance de prendre les produits du Québec quand ils organisent eux-mêmes des événements», raconte Jacynthe Gagnon, présidente de la Fédération de l'UPA Rive-Nord.
En échange de visibilité sur les lieux et dans les publications du Festival d'été, l'UPA prenait en charge les 450 repas servis chaque soir dans la tente VIP, qui accueille surtout une clientèle d'affaires.
Environ 150 000 $ étaient requis pour payer la matière première ainsi que le traiteur et les serveurs. La somme était financée en très grande partie par les producteurs agricoles eux-mêmes, par l'entremise des différentes fédérations spécialisées dans le porc, les oeufs, le lait, etc. L'UPA demandait 25 000 $ au MAPAQ pour boucler la boucle. Le programme Le Québec dans votre assiette paraissait tout indiqué pour le financement.
«Les critères de base du programme n'étaient pas respectés. Le projet a été refusé par l'administration», a toutefois confirmé Jack Roy, attaché de presse du ministre Laurent Lessard, deux semaines après la demande d'information du Soleil.
Plan de promotion
Québec a débloqué 14 millions $ sur trois ans pour faire la promotion des produits québécois et encourager l'achat local. Une vaste campagne de publicité est au programme, tout comme une multitude d'initiatives visant autant à identifier et à faire connaître les aliments d'ici qu'à stimuler leur adoption et à faciliter leur distribution.
Jacynthe Gagnon déplore autant la réponse du MAPAQ que sa lenteur à venir. «Ça fait deux mois qu'on travaille là-dessus!» soupire-t-elle, toujours convaincue de la pertinence pour les agriculteurs de s'associer à de grands événements festifs pour promouvoir les produits alimentaires locaux.
Au Festival d'été, la directrice des communications Luci Tremblay confirme qu'un projet de l'UPA a été analysé, mais qu'il ne s'est pas rendu jusqu'au bout. L'organisation fera donc affaire avec le même traiteur que par les années passées.
L'UPA se retrouve orpheline d'événement grand public cet été. Impliquée jusqu'à l'an dernier dans l'organisation des Fêtes de la Nouvelle-France, où elle tenait un marché public à l'ancienne, elle a pris congé cette année. «On veut laisser le temps à l'équipe de se renouveler et de se repositionner», dit Jacynthe Gagnon. Il faut dire aussi que la pluie a entaché la dernière édition et a affecté le moral des 375 producteurs agricoles associés à l'événement. Un retour aux Fêtes de la Nouvelle-France l'an prochain est toujours possible.











