Les mesures d'aide transitoires annoncées hier par le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard, seront en vigueur jusqu'au 31 mars. Elles s'ajoutent aux 10 millions $ alloués par Ottawa afin de faire la promotion du homard. Ce programme fédéral est durement critiqué par les pêcheurs, l'opposition à la Chambre des communes et maintenant le gouvernement du Québec car il ne soulage pas les pêcheurs à court terme.
Dans un communiqué de presse diffusé hier, Laurent Lessard invite la ministre fédérale des Pêches à «prendre ses responsabilités». «Il faut augmenter la taille minimale réglementaire du homard, appuyer la restructuration de l'industrie et permettre aux pêcheurs de bénéficier de l'assurance emploi», détaille-t-il.
L'accès à un revenu hebdomadaire devient particulièrement pressant, insiste Oneil Cloutier, directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie. Dans sa région, les conditions climatiques rendent la pêche difficile, amputant encore davantage les revenus des capitaines. «Plusieurs ont dû mettre [les membres de] leur équipage à pied parce qu'ils sont incapables de les payer», dit-il.
De fait, les principaux intéressés perdent de l'argent chaque fois qu'ils prennent la mer. La semaine dernière, à quai, ils ont obtenu 3,42 $ la livre pour leurs crustacés. Or, un capitaine a besoin de 4,75 $ la livre pour payer son bateau et ses frais de sortie en mer et au moins 5,25 $ pour se tirer un salaire.
Baisse des prix
Depuis le début de la saison, les prix aux pêcheurs n'ont fait que baisser, déplore Léonard Poirier, directeur général de l'Association des pêcheurs propriétaires des Îles-de-la-Madeleine. Cela l'enrage d'autant plus que la facture refilée aux consommateurs a augmenté. Après les promotions de mai, les supermarchés et les poissonniers ont remonté la barre autour de 7,99 $ la livre. Ils empochent donc la différence que les gourmets sont disposés à payer pour soutenir l'industrie.
M. Poirier évalue que l'aide annoncée hier par Québec équivaut à une prime de 15 ¢ la livre. Pour combler complètement l'écart, au Québec comme dans les provinces atlantiques, le fédéral devrait débourser 100 millions $, ajoute-t-il.
Un investissement que Raynald Blais, député du Bloc québécois de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, juge tout à fait justifié. «Les milliards pleuvent pour l'industrie de l'automobile et le monde des finances», fait-il remarquer.
Selon les chiffres fournis par le MAPAQ, la pêche au homard rallie 550 entreprises employant 1400 personnes et maintient 2000 emplois en usine dans le Québec maritime.










