Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard, a annoncé récemment des investissements de 14 millions $ sur quatre ans pour favoriser la diversification des activités à la ferme et multiplier les circuits courts de commercialisation.
Sous ce vocable, on trouve les marchés publics, les kiosques de bord de route ou de vente à la ferme, les paniers biologiques, les tables champêtres et les routes gourmandes, entre autres. Tous des lieux de vente directe, où le consommateur établit un contact personnel avec l'agriculteur ou le petit transformateur. La définition officielle prévoit «au maximum» un intermédiaire.
Vincent Gadbois, pomiculteur dans la région de Drummondville et président de l'Association des marchés publics du Québec, aime à parler d'«un bras» pour décrire la distance idéale entre le client et le producteur agricole. Jeudi, il a rappelé qu'à peine 5 % des denrées agricoles étaient vendues sans intermédiaire, mais il juge que cette proportion ne peut qu'augmenter. «Les gens sont prêts, ils nous attendent. Moi, je sens un mouvement très pesant dans ce sens-là.»
«Si on veut un maximum d'argent dans les poches, il faut le moins de monde possible entre celui qui produit et celui qui mange», a renchéri le ministre Lessard, qui voit dans ces circuits courts un moyen d'enrichir les régions du Québec, puisque les retombées économiques sont immédiates.
Les projets de diversification pourront concerner des régions, des groupes de producteurs ou des entreprises individuelles. Les subventions serviront à payer des études, de la promotion ou à ajuster les infrastructures, par exemple. Quant aux circuits courts, ils devront être le fruit d'une concertation entre entreprises agricoles, coopératives ou organismes à but non lucratif.
Ce nouveau programme est le fruit de la réflexion d'une bonne dizaine d'organisations, dont l'Union des producteurs agricoles et l'Union paysanne, ennemies jurées, qui ont travaillé ensemble au sein d'un comité mis sur pied à la suite de la publication du rapport Pronovost portant sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire au Québec. Car il y a longtemps que les petites entreprises agricoles et de transformation réclament l'appui du gouvernement pour maximiser les retombées économiques à la ferme.
Circuit court
«Le circuit court, c'est l'avenir de l'agriculture», a fait valoir Benoît Girouard, président de l'Union paysanne. «Je me porte garant pour que les 14 millions $ se siphonnent le plus rapidement possible.»
Après la conférence de presse, tenue au Potager Marcoux, dans l'arrondissement de Beauport, le ministre Lessard a admis que d'autres changements réglementaires allaient devoir être adoptés afin de favoriser la diversification du secteur agricole québécois. Il a parlé d'une baisse de la tarification, de la mise en place d'un filet de sécurité financière pour toutes les productions agricoles et de «plus de souplesse» dans les mécanismes de mise en marché collective afin d'accommoder les petits agriculteurs.










