Manon Lebel présente des fraises, poires et pêches remodelés. À l'arrière-plan: la nutritioniste Mireille Lauzon et la chef des sevices alimentaires, Jacynthe Lebel.
Collaboration spéciale Marc Larouche
Gérard-Henri Pelletier mange avec appétit son hamburger sauce avec patates pilées et carottes.
Collaboration spéciale Marc Larouche
«C'est un projet-pilote et, jusqu'ici, les résultats sont excellents», note Mireille Lauzon, nutritionniste au Centre de santé et de services sociaux de Rivière-du-Loup. «C'est très bon», ajoute M. Pelletier avec le plus heureux des sourires. La différence réside dans le fait que c'est aussi très beau. Ainsi, la poitrine de poulet Epikura, bien qu'en purée, a l'apparence d'une véritable, beaucoup plus appétissante qu'une boule de viande au milieu d'une assiette. Même chose pour le hamburger, la fraise, la carotte, etc. Tellement que Le Soleil s'est laissé tenter.
Véritable révolution
Le goût des aliments n'a vraiment rien à envier aux originaux. Au contraire, il semble plus prononcé. L'aliment conserve sa forme à la fourchette et la texture est agréable. La seule différence se remarque une fois en bouche, alors que toute la nourriture fond littéralement, écartant ainsi tout risque d'étouffement. Pour Mme Lauzon, ces aliments constituent une véritable révolution.
«Ceux-ci deviendront aussi importants pour les personnes qui mastiquent ou avalent avec difficulté, qui sont dysphagiques et sujettes aux pneumonies à répétition, que les lunettes le sont pour les myopes.»
Selon Manon Lebel, assistante-infirmière en chef au Foyer de Saint-Antonin, plus de 30 % des personnes admises en CHSLD sont en dénutrition. «Ils mangent peu ou ne peuvent presque plus le faire, de peur de s'étouffer. Les aliments Epikura leur redonnent l'appétit et comblent un manque nutritionnel.» De fait, des protéines et des calories ont été ajoutées aux produits remodelés.
«Nous avons aussi noté des améliorations des fonctions co-gnitives, renchérit la chef des services alimentaires, Jacynthe Lebel. Un résident a reconnu une tomate et s'est mis à chercher une salière. Son cerveau s'est souvenu qu'une tomate, ça se mange avec du sel. D'autres se mettent à mastiquer, même si ce n'est pas nécessaire.»
Mireille Lauzon avoue que l'adoption des aliments Epikura demande des déboursés supplémentaires, mais que le résultat en vaut la peine. «C'est un peu plus cher, mais serait-il possible d'investir quelques dollars supplémentaires pour que le contenu du plateau de nos personnes âgées renferme au moins le minimum recommandé par le Guide alimentaire canadien? L'État paie 12 $ par jour pour nourrir un prisonnier, alors que le montant alloué pour chaque personne âgée est à peine de 3 $ ou 4 $. Nous pouvons faire un effort.»
Le grand public peut se procurer une cinquantaine de produits Epikura dans certains magasins Walmart de la région de Montréal. Détails au www.epikura.com.
Les résultats du projet-pilote seront dévoilés en janvier. D'autres résidences pour personnes âgées pourraient emboîter le pas. Entre-temps, les résidents du Foyer de Saint-Antonin reconnaîtront avec joie dans leur plateau des Fêtes la dinde, la tourtière et les gâteaux de Noël, même si ce sont des aliments... Epikura!










